Art contemporain

David Hockney est-il le plus grand peintre vivant ?

Par Pauline Vidal · L'ŒIL

Le 23 mai 2017 - 479 mots

NEW YORK / ETATS-UNIS

Comparé à Van Gogh ou à Matisse, David Hockney est considéré, pour son hédonisme, comme l’un des artistes majeurs de ce temps.

« David Hockney est sans doute l’artiste le plus célèbre et le plus apprécié de notre temps. Son œuvre – brillante, audacieuse et joyeuse – touche des publics par ailleurs peu attirés par le grand art. […] L’attrait de son œuvre tient pour une bonne part à l’assurance de sa touche légère et à sa palette vive, que l’on a comparée à celle de Vincent Van Gogh, d’Henri Matisse et, peut-être de façon plus pertinente encore, de Raoul Dufy », déclare Chris Stephens dans le catalogue de la rétrospective à la Tate. Et Didier Ottinger de renchérir : « L’art est chez lui un vecteur du désir et du plaisir. C’est un artiste heureux et qui ne craint pas de le dire. »
 

Le prolongement de l’histoire de l’art

Cet hédonisme est sans aucun doute l’une des clés du succès de David Hockney. Cela donne à sa peinture une dimension intemporelle et universelle qui échappe aux modes et à la contingence des goûts d’une époque. Hockney s’attache à produire une œuvre accessible : « Je ne souhaite pas faire une peinture qui ait du sens pour seulement quelques personnes. Je trouve folle et ridicule l’idée de produire des images pour seulement vingt-cinq personnes du monde de l’art. » L’attachement à la figuration, la place accordée au dessin, son refus du conceptualisme et de toute forme d’intellectualisme vont dans ce sens. Sa rédaction d’un ouvrage sur les Savoirs secrets : les techniques perdues des maîtres anciens témoigne de sa volonté de se situer dans le prolongement d’une histoire de l’art qui l’inspire en permanence.

Sa part d’humanité et le caractère empathique de son œuvre participent également à rendre sa peinture si attachante. Comme il le révèle dans une interview dans New Review, la figure humaine occupe une place centrale dans l’histoire de l’art. L’art du portrait occupe toute sa carrière – portraits dans lesquels il sonde le cœur et l’âme des personnages représentés. Bien que totalement différent d’un point de vue formel, il s’inscrit dans la lignée des artistes anglais tels Francis Bacon ou Lucian Freud qui ont toujours accordé une place de choix à l’être humain. Hockney s’est notamment révélé très talentueux dans la réalisation de doubles portraits qui lui permettent d’interroger les relations psychologiques et sentimentales qui unissent ou séparent les êtres du couple. Le portrait de ses parents (My Parents, 1977), où l’on peut voir sa mère qui le regarde peindre avec une infinie tendresse à côté d’un père qui s’absente dans un album de photos, est bouleversant. Enfin, à l’heure où l’on assiste au retour à la peinture parmi les jeunes et moins jeunes artistes, par son amour de la peinture, par son intérêt pour l’histoire de l’art et des savoir-faire, l’œuvre Hockney est aujourd’hui d’une grande pertinence.

 

 

« David Hockney. The Yosemite Suite »,
du 20 mai au 13 juillet 2017. Galerie Lelong, 13, rue de Téhéran, Paris-8e. Ouvert du mardi au vendredi de 10 h 30 à 18 h et le samedi de 14 h à 18 h 30. www.galerie-lelong.com
« Los Angeles. Une fiction »,
jusqu’au 9 juillet 2017. Musée d’Art Contemporain, Cité internationale, 81, Quai Charles de Gaulle, Lyon (69). Ouvert du mercredi au dimanche de 11 hà 18 h. Fermé le lundi et le mardi. Tarifs : 8 et 4 €. Commissaires : Thierry Raspail, Gunnar B. Kvaran et Nicolas Garait-Leavenworth. www.mac-lyon.com

 

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°702 du 1 juin 2017, avec le titre suivant : David Hockney est-il le plus grand peintre vivant ?

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