Ecole d'art

RESTAURATION

Un campus d’art pour sauver les Héronnières de Fontainebleau

Par Sindbad Hammache · Le Journal des Arts

Le 25 novembre 2020 - 507 mots

Le consortium International Arts Campus a été choisi pour restaurer et occuper le site. Le campus devrait attirer 10 000 étudiants internationaux par an.

Site des Héronnières.
© Château de Fontainebleau / Techni-Flight

Fontainebleau. Jean-François Hebert avait longtemps imaginé un complexe hôtelier pour restaurer et occuper le quartier des Héronnières, anciennes écuries du XVIIIe siècle, entre le grand canal du jardin de Fontainebleau et la forêt domaniale. C’est finalement un campus consacré aux arts, et à visée internationale qui s’établira sur l’ancien terrain militaire : « Nous avons le sentiment d’avoir fait un très bon choix, assure le président du château de Fontainebleau, maintenant, tout reste à concrétiser. »

Pour cet ensemble de onze bâtiments, classés monuments historiques en 2008, c’est le dénouement d’une recherche d’affectation infructueuse qui aura duré 15 ans. La réussite du dernier appel à projets – lancé en 2016 – tient à l’adjonction de plusieurs terrains dans le lot, appartenant aux ministères de la Défense et de l’Intérieur. Ces friches militaires permettront au projet lauréat de créer 1 000 logements étudiants, financés par l’opérateur Altarea qui épongera le lourd investissement concédé dans la restauration des écuries (35 millions d’€). « C’est un chèque très important dont nous voulions faire l’économie, explique Jean-François Hebert, nous allons ensuite toucher une redevance du bail emphytéotique durant 70 ans. »

L’importante rénovation concerne essentiellement le clos et le couvert des bâtiments équestres, les intérieurs ayant été remaniés au fil du temps. « Sur ces bâtiments, nous n’avons même plus une lecture claire de ce qui est patrimonial et ce qui ne l’est pas », observe Fabrice Metzger, l’architecte du futur campus. Les travaux de restauration se découperont en deux phases : la réhabilitation de l’état patrimonial originel à l’extérieur, puis l’adaptation des grands espaces libres intérieurs au nouvel usage éducatif. « On intervient comme sur une toile de maître, précise l’architecte bruxellois, rien n’est irréversible. » Ainsi reste la possibilité de trouver un nouvel usage aux lieux dans 50 ans.

Un campus à l’américaine

Pour les décennies à venir, le lieu accueillera donc un International Art Campus, un « réceptacle » comme le décrit son directeur général, Jean-Paul Donald-Potard, ancien dirigeant de la maison Jean-Paul Gaultier et figure du milieu de la mode. Le fonctionnement du lieu sera fondé sur la participation financière des écoles d’arts partenaires, qui enverront chaque année leurs étudiants de master à Fontainebleau pour une durée de trois à neuf mois. Dans ce campus entre ville et forêt, « un peu à l’américaine », 3 000 étudiants pourront cohabiter simultanément et 10 000 y passeront chaque année. Une manne pour les communes de Fontainebleau et d’Avron, tout comme pour le rayonnement du château de Fontainebleau.

Le consortium a pour l’instant noué des partenariats avec des universités privées dont la réputation internationale reste à construire, comme la World University of Design créée en 2018 dans la banlieue de New Dehli, ou la Beijing Contemporary Music Academy. Des négociations sont en cours avec d’autres établissements, avec pour objectif de brasser les disciplines artistiques comme les horizons géographiques au sein du campus. La prochaine échéance aura lieu au printemps 2021, avec la signature de la convention d’occupation.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°556 du 27 novembre 2020, avec le titre suivant : Un campus d’art pour sauver les Héronnières de Fontainebleau

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