Dimanche 19 septembre 2021

Château - Urbanisme

AMÉNAGEMENT URBAIN

À Versailles, un écoquartier à proximité du château

Par Lorraine Lebrun · Le Journal des Arts

Le 20 avril 2021 - 679 mots

VERSAILLES

Les contraintes n’étaient pas minces mais le futur « quartier de Gally » devrait finalement voir le jour à la fin de l’année 2026.

Vue aérienne du château de Versailles et de l'emplacement du futur quartier de Gally colorié en jaune. © DR
Vue aérienne du château de Versailles et de l'emplacement du futur quartier de Gally colorié en jaune.
© D.R.

Versailles (Yvelines). Un nouveau quartier devrait voir le jour de l’autre côté du domaine du château de Versailles, sur le territoire de la ville. Il sera séparé du reste des habitations par les jardins dessinés par Le Nôtre. Cela fait plusieurs années que le projet se trouve sur le bureau du maire (DVD) François de Mazières, car le sujet est pour le moins complexe.

Première ville des Yvelines avec quelque 85 000 habitants, située à proximité de Paris, Versailles connaît une forte pression immobilière. Lorsque l’État met en vente au prix fort l’ancien terrain militaire de la caserne Pion, le maire ne cache pas son inquiétude. Sur cette parcelle triangulaire de 21 hectares, coincée entre l’extrémité occidentale du parc du château et la ville de Saint-Cyr-l’École, il redoute de voir s’implanter un centre commercial. Il explique que « la Ville voulait garder la maîtrise architecturale » et s’en porte acquéreur en 2011 pour la somme de 12,5 millions d’euros – auxquels s’ajoutent les coûts de déconstruction et dépollution. Le terrain cumule pourtant les difficultés : une situation géographique à l’écart du centre-ville, sur un terrain pollué proche de l’aérodrome de Saint-Cyr. Surtout, il se trouve à la lisière du domaine du château. Classé monument historique, celui-ci bénéficie d’une protection au titre des abords : les constructions doivent y respecter un certain nombre de règles et obtenir l’aval de l’architecte des Bâtiments de France (ABF).« Il y avait notamment un impératif très strict de non-visibilité depuis le parc du château », relève le maire. Tout n’était donc pas permis.

Le modèle de la cité-jardin

Un premier projet, présenté en 2016, en fit d’ailleurs les frais. L’association Sites & Monuments tire la sonnette d’alarme, critiquant l’inadéquation du projet avec les perspectives ouvertes par l’Étoile royale de Le Nôtre.

Les discussions conduisent à une modification du plan local d’urbanisme : la moitié nord du terrain, la plus visible depuis l’Étoile royale, est classée en zone naturelle – « la meilleure protection que l’on peut avoir », précise l’élu. Elle sera réservée à l’activité agricole. Une victoire pour l’association de défense du patrimoine, qui retire son recours contentieux.

Dans le nouveau projet, dévoilé en mars, le quartier se dote d’un nouveau nom : ce sera le « quartier de Gally » dont l’aménagement sera assuré par le groupe Icade et la maîtrise d’œuvre par l’agence d’architectes Lambert Lenack et le paysagiste Michel Desvigne. « Le monde du patrimoine a été très associé au projet pour éviter les incompréhensions, assure François de Mazières. L’architecte des Bâtiments de France a été de toutes les réunions. » Ainsi, une vaste terrasse en surplomb permettra aux habitations, « qui n’excéderont pas 11 m » de hauteur, de rester invisibles depuis le domaine. Celle-ci permettra en revanche aux promeneurs de profiter de la vue sur le parc.

Pour le reste, la municipalité mise sur un écoquartier réinterprétant le thème de la « cité-jardin », avec peu d’habitations (545 logements dont 30 % de logements sociaux), dans un cadre végétalisé structuré autour d’une voie de circulation douce. Les différentes architectures (habitations, commerces, groupe scolaire et hôtel) seront unifiées par l’usage commun de la brique. Sur les terrains agricoles s’implanteront une ferme urbaine et des potagers à louer. « Nous sommes dans une logique de valorisation des espaces qui doit conjuguer univers citadin et naturel, à proximité de la plaine de Versailles, qui est protégée », résume François de Mazières. L’allée royale de Villepreux sera d’ailleurs réhabilitée par la même occasion.

À l’extrémité nord de la parcelle, la destruction d’un ancien moulin construit illégalement dans les années 1930 doit également permettre de dégager l’horizon. La Ville conduit le projet en lien avec l’État et les collectivités locales, car le terrain doit accueillir prochainement un parking en vue des Jeux olympiques de 2024 – les sports équestres se déroulant sur le site de l’Étoile royale. La première livraison du quartier de Gally sera donc l’hôtel, à cette même échéance. Il faudra ensuite attendre 2026 pour voir l’achèvement de l’ensemble et l’installation de quelque 2 000 habitants.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°565 du 16 avril 2021, avec le titre suivant : À Versailles, un écoquartier à proximité du château

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