Une Brafa toujours vaillante

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 13 janvier 2015 - 734 mots

La foire d’art et d’antiquités de Bruxelles, qui ouvre la saison des foires internationales, célèbre son 60e rendez-vous. Elle espère renouveler le succès de l’édition 2014.

La Brafa (Brussels Art Fair), qui s’est imposée comme un rendez-vous incontournable pour l’art et les antiquités, s’installe sur le site de Tour & Taxis à Bruxelles du 24 janvier au 1er février, avec l’espoir de susciter le même engouement que l’an passé. En effet, des transactions nombreuses et une fréquentation record, de l’ordre de plus de 55 000 visiteurs (contre 48 000 en 2013), avaient marqué l’édition 2014. Pour cet événement très attendu, la manifestation applique la même recette : éclectisme des spécialités présentées, décoration épurée et convivialité. « Peu de foires fêtent leurs 60 ans. Cela signifie que la Brafa repose sur des fondations et des valeurs solides. Mais nous continuons résolument à creuser notre sillon, on ne change pas une formule qui gagne ! », assure Harold t’Kint de Roodenbeke, président de l’événement.

La Brafa accueille cette année 126 galeries, soit cinq de moins qu’en 2014. Douze nouvelles enseignes intègrent la manifestation, parmi lesquelles Opera Gallery (Genève), tandis que quatre signent leur retour, telle la galerie Jacques Barrère (Paris). Parmi les douze pays participants, la France a la part belle avec 42 marchands, dont des galeries fidèles comme Chenel, Delvaille, Bernard Dulon ou Marcilhac, mais elle compte aussi quelques absents (Willy Huybrechts, Alexis Bordes).

Plus intimiste que Tefaf (Maastricht) et plus accessible que la Biennale des antiquaires (Paris), la Brafa offre néanmoins des œuvres de grande qualité, un certain nombre de ses marchands participant également à Tefaf, réputée être la meilleure foire au monde pour l’art et les antiquités. Parmi ses nombreuses spécialités – de la Haute Époque à l’art contemporain, de la peinture ancienne à la céramique, de la tapisserie aux meubles anciens –, quelques disciplines sont présentes en force. C’est le cas des arts premiers qui rassemble dix marchands, comme les bruxellois Didier Claes et Serge Schoffel, Yann Ferrandin (Paris) ou Jacques Germain (Montréal), mais aussi de l’archéologie, avec des poids lourds tels que Phoenix Ancient Art (Genève), David Ghezelbash (Paris) ou Harmakhis (Bruxelles).

Du mobilier estampillé
Parmi les chefs-d’œuvre d’art ancien à ne pas manquer, La Partie de cartes de David Teniers le Jeune, présentée par la galerie Costermans (Bruxelles), est de provenance royale, le tableau ayant appartenu à la maison d’Orléans, installée au Palais-Royal (le Louvre) ; François Léage (Paris), qui participe pour la première fois à une foire à l’étranger, montre une commode en acajou moucheté d’époque Louis XVI portant la double estampille d’Adam Riesener et Jean-Henri Weisweiler.

Pour sa quatrième participation, Mullany (Londres) met en vente une Vierge à l’Enfant en bois sculpté, Allemagne, XVe siècle (220 000 euros), et La Mort de la Vierge, par le Maître de l’autel d’Eggelsberger (autour de 500 000 euros). La galerie Berger (Beaune) expose une petite table de salon en marqueterie d’époque Transition, estampillée « Charles Topino » (55 000 euros). Chenel (Paris) met en avant un fragment de sarcophage en marbre représentant un lion dévorant une antilope, travail romain, fin du IIe apr. J.-C. Un fauteuil de bureau estampillé « Jacob Frères » issu de la collection du prince et de la princesse Henry de la Tour d’Auvergne-Lauraguais est exposé chez Steinitz (Paris), tandis qu’un Torse de Bouddha en grès, Chine, dynastie Qi, est exposé chez Jacques Barrère et qu’un masque Emboli Kota (Gabon) est offert par Yann Ferrandin.

En peinture et arts décoratifs des XXe et XXIe siècles, la galerie Marcilhac (Paris) présente une paire de meubles d’appui, vers 1950, par Paul Dupré-Lafon, ainsi qu’un cabinet de Dominique, vers 1930. La galerie Huberty-Breyne (ex-Petits papiers, Paris) montre une encre de Chine originale d’Hergé réalisée pour l’album L’Étoile mystérieuse paru en 1942 ; proposée à 2,5 millions d’euros, c’est l’une des pièces les plus onéreuses de la foire. La galerie milanaise Robertaebasta apporte une tapisserie d’Alighiero Boetti de 1988 (400 000 euros) et un cabinet d’Eugène Printz et Jean Dunand, vers 1940 (de même prix) ; Berès (Paris) expose des œuvres de Zao Wou-ki, Composition rouge (1956) et Les Bateaux (1952) ; Opera Gallery, qui participe donc pour la première fois à une foire européenne, montre une œuvre de Soulages de la série « Outre-noir » (1981) tandis que la Galerie des Modernes (Paris) réunit plusieurs dessins d’Andy Warhol dont un double portrait, Miss Damencien and daughter (autour de 100 000 euros).

Brussels Art Fair (Brafa)

Du samedi 24 janvier au dimanche 1 février 2015 11h à 19h
Nocturne le jeudi 29 janvier 2015 jusqu'à 22h
Tour & Taxis, Avenue du Port 86 C, B-1000 Bruxelles, Belgique, entrée 20 €
Site Internet de la Brafa www.brafa.be

Légende Photo :
Les allées de la Brafa, à Bruxelles, lors de l'édition 2014 - @ Brafa 2014

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°427 du 16 janvier 2015, avec le titre suivant : Une Brafa toujours vaillante

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