Lunéville en deuil

Son château a été ravagé par le feu

Le Journal des Arts

Le 20 décembre 2007

Ravagé le 2 janvier par un sinistre, le château de Lunéville a perdu l’essentiel de ses collections. Mais ses façades sont encore debout, et pourraient permettre une reconstruction à l’identique du “petit Versailles”? de Stanislas.

LUNÉVILLE - Construit par l’architecte Germain Boffrand, un disciple de Jules Hardouin Mansart, au début du XVIIIe siècle, le château de Lunéville (Meurthe-et-Moselle) a été ravagé par un incendie dans la journée du 2 janvier. Surnommé le “Versailles lorrain” en raison de sa grande ressemblance avec le château de Louis XIV, ce joyau dont Stanislas, roi de Pologne en disgrâce et beau-père de Louis XV, avait fait sa cour, offrait un bien triste spectacle au lendemain du sinistre. L’aile sud, la plus riche en œuvres, n’était plus qu’une coquille vide. Seuls ses murs étaient encore debout, uniques vestiges à avoir résisté à l’écroulement du toit et de la charpente. Avaient en revanche disparu le grand escalier, les salons, la salle des Livrées, celle des Trophées, ainsi que la plus grande partie des collections historiques : des toiles et des tapisseries évoquant l’histoire du château ainsi qu’une pharmacie du XVIIIe siècle. Enfin, 80 % des collections de faïences fines des XVIIe et XVIIIe siècles auraient été détruites, de même que des pièces en cristal de Baccarat et des grès Art nouveau de Mougins. “Sous réserve d’inventaire plus approfondi, les collections de Lunéville Saint-Clément et un dépôt de l’État provenant de Sèvres sont perdus”, confiait à nos confrères du Monde Francine Mariani-Ducray, directrice des Musées de France. Grâce à l’intervention spontanée de policiers, d’élus et de Lunevillois, une cinquantaine de faïences ont cependant pu être sauvées. Autre perte regrettable, celle de la remarquable chapelle édifiée par Germain Boffrand. C’est dans cet édifice que l’incendie a débuté – sans doute provoqué par un court-circuit – puis s’est propagé de manière spectaculaire du fait des vents soufflant à plus de 100 km/h. Pour Jean-Jacques Aillagon, venu constater les dégâts vendredi 3 janvier, “il est évident que le château de Lunéville doit être reconstruit dans les meilleurs délais”. Le ministre de la Culture espère qu’en 2005 une partie du château ainsi que la chapelle seront restitués. Après avoir lancé un appel aux entreprises françaises, aux départements et aux communes, il a invité Bertrand Hagelsteen, le préfet de la région, à mobiliser sans tarder les fonds européens. La campagne de souscription sera lancée le 2 février, dans le cadre du tricentenaire du château.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°162 du 10 janvier 2003, avec le titre suivant : Lunéville en deuil

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