Réveil

Le nouveau souffle du Muséum d’histoire naturelle

Le Muséum d’histoire naturelle rouvre dès 2014 trois de ses sites parisiens, et en 2015 le très attendu Musée de l’Homme

Le Journal des Arts

Le 2 octobre 2013 - 772 mots

Le Muséum national d’histoire naturelle doit rouvrir quatre sites majeurs d’ici deux ans : la Galerie de botanique, le Parc zoologique de Vincennes, la Galerie de minéralogie en 2014, et le Musée de l’Homme en 2015. Ce dernier, privé de la moitié de ses collections depuis leur transfert au Quai Branly, a dû intégralement revoir sa muséographie.

Paris - Le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) s’apprête à rouvrir quatre sites majeurs de son parc immobilier. Entre la Galerie de botanique, le Parc zoologique de Vincennes, la Galerie de minéralogie, le Musée de l’Homme et les 20 ans de la Grande galerie de l’Évolution, « cette rentrée témoigne du nouveau souffle du Muséum, qui a trop longtemps été perçu comme une belle endormie », explique Thomas Grenon, son directeur général à la tête de l’institution depuis 2010.

Premier lieu à bénéficier d’une réouverture, la Galerie de botanique, qui abrite l’Herbier national, ouvrira ses portes fin novembre. Au cœur du Jardin des plantes, l’imposant bâtiment de 1935 classé au titre des Monuments historiques a bénéficié une intense rénovation depuis 2008, pour réaménager les 10 000 m2 de surface, entre conservation, laboratoires, bibliothèque et espace d’exposition. La Grande galerie, longue de 70 mètres présentera des espaces muséographiques illustrant le travail des botanistes et les avancées historiques dans ce domaine. Environ trois quarts des planches qui constituent les collections de l’Herbier national ont été numérisées, soit 6 millions de planches, sur un chantier d’une durée de quatre mois. Au total, la rénovation aura coûté 26,2 millions d’euros, dont 11,2 millions pour le chantier des collections. Juste à côté, la Galerie de minéralogie, fermée depuis 2009, devrait rouvrir en octobre 2014 après une rénovation intérieure. De quoi donner un nouveau souffle au Jardin des plantes. Du côté du Zoo de Vincennes, le directeur du MNHN se fait volontiers lyrique : « On a pu réimaginer intégralement un zoo du XXIe siècle » : sur 14,5 hectares, les animaux seront regroupés en biozones et non plus en cages dès le mois d’avril 2014. Les partisans de la sauvegarde des infrastructures de 1934 n’auront pas eu gain de cause. Malgré les avis de la Commission du Vieux Paris qui préconisait un classement d’une partie des bâtiments, le site a été l’objet d’un réaménagement total, pour un budget de 140 millions d’euros : le plus gros investissement du Muséum qui espère un retour important grâce à une grille tarifaire attractive.

Chaillot réinvesti à grands frais
L’année 2015 sera marquée par la réouverture du Musée de l’Homme au Palais de Chaillot. L’important chantier a été remis sur les rails en 2011, après quelques années de flottements. Le budget de rénovation, estimé au départ à 50 millions d’euros, est aujourd’hui stabilisé à 92 millions d’euros : une augmentation due à des infrastructures en plus mauvais état qu’attendu, ce qui a également causé un retard conséquent pour la réouverture. Avec des collections partiellement démantelées lors de la création du Musée du quai Branly, qui a récupéré la partie non-occidentale de la collection d’ethnologie, il a fallu revoir le projet scientifique : « Le nouveau musée sera fait en fonction de ce qu’il a. La polémique est derrière nous, mais bien sûr, se voir privé de 300 000 pièces a été un choc pour les équipes », tempère Thomas Grenon. Le nouveau musée sera tourné vers le concept d’évolution, autour de trois grands axes muséographiques en forme d’interrogation : « Qui sommes-nous ? », « D’où venons-nous ? » et « Où allons-nous ? ». Cent quarante chercheurs travailleront au sein du musée, dans la ligne droite du principe de laboratoire musée, à la genèse de l’institution dans les années 1930. Les équipes tablent sur une fréquentation de 400 000 à 500 000 visiteurs par an, le double des chiffres enregistrés lors de la fermeture du musée en 2009. Pour boucler les financements de tous ces chantiers, le Muséum s’est allégé d’une partie de son parc immobilier pour la somme de  39 millions d’euros. Un investissement considérable pour l’établissement, qui souhaite, avec toutes ces réouvertures, générer deux tiers de ressources propres sur son financement, un pari qui semble réalisable. D’autant plus que la fréquentation de la Grande galerie de l’Évolution ne cesse d’augmenter : en 2014, le Muséum fêtera les 20 ans de sa réouverture, avec une programmation axée sur la rencontre entre sciences et art contemporain, autour de collections restaurées. La mise en lumière de la paroi et un spectacle autour du son alimenteront le nouvel élan  du Jardin des plantes, avant de s’attaquer à de nouveaux chantiers : la Galerie d’Anatomie comparée et de Paléontologie demanderait elle aussi un grand chantier de rénovation.

Légende photo

Muséum national d'Histoire naturelle, Paris, galerie de Botanique. © MNHN.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°398 du 4 octobre 2013, avec le titre suivant : Le nouveau souffle du Muséum d’histoire naturelle

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