Mercredi 28 octobre 2020

François-Xavier Bieuville, premier bilan de la Fondation du patrimoine

Par Isabelle Manca · L'ŒIL

Le 12 février 2015 - 685 mots

En 2016, la Fondation fêtera son vingtième anniversaire. Quel bilan peut-on dresser de
ses premiers exercices ?
François-Xavier Bieuville :
La Fondation du patrimoine a une histoire particulière puisqu’elle a été créée par la loi en 1996 pour sauvegarder le patrimoine de proximité qui mérite d’être protégé compte tenu de sa valeur patrimoniale, identitaire ou architecturale, mais qui n’est pas classé ou inscrit. Il y avait une sorte de vide juridique sur la prise en charge de ce patrimoine, et la loi a créé à la fois un outil de protection et la structure pour le mettre en œuvre. L’outil c’est le label, un agrément fiscal délivré aux propriétaires privés qui souhaitent réaliser des travaux de clôture et de toiture. La Fondation a ensuite évolué dans ses modalités d’intervention. À partir de 1999, elle a mis en œuvre le mécénat populaire par des souscriptions organisées sur le plan local, pour prendre en charge des propriétés publiques des collectivités, en assurant une source de financement. La Fondation du patrimoine est à l’origine du financement participatif en France ; une invention « maison » qui fait aujourd’hui des émules.

Combien de projets ont bénéficié de souscriptions publiques ?

En quinze ans, 6 000 projets ont été pris en charge, avec actuellement une moyenne entre 11 et 12 millions d’euros collectés par an. Au-delà du succès des opérations, cela représente un volume d’activité économique et une vraie action de revitalisation des territoires. On estime que ce sont ainsi 6 000 à 7 000 emplois créés ou maintenus dans le secteur du bâtiment.

Fin 2014, la Fondation s’est dotée d’un nouvel outil, « le don en un clic », quelle est sa vocation ?
Les nouveaux outils permettent de mieux diffuser nos projets et de s’adresser à des personnes que nous n’avions pas l’habitude de toucher avec les outils traditionnels. Le don en un clic permet de dématérialiser et de faciliter le don. Vous enregistrez en ligne vos coordonnées bancaires dans votre espace privé, ensuite vous pouvez faire des dons à votre convenance, en un clic. Des QR codes permettent également d’être réorienté vers des projets. C’est une méthode de fidélisation ; une façon de rendre les démarches encore plus simples pour nos donateurs. Depuis son lancement, cet outil a entraîné une poussée significative de dématérialisation des dons et une augmentation du don moyen, qui est de 221 euros.

Malgré la crise et la multiplication des souscriptions, les donateurs sont-ils toujours aussi généreux ?

Oui, et même plus généreux. Il y a plusieurs éléments qui permettent de l’expliquer, et le premier est de nature fiscale. Je pense qu’il y a une volonté globale de nos compatriotes de choisir un peu leur impôt, ce que permet le don. Ensuite, le patrimoine en lui-même est quelque chose de consensuel, de tangible ; quand on donne pour le patrimoine, on a la sensation de participer à quelque chose d’important, de structurant.

Quels sont les grands projets actuels et les orientations pour l’avenir de la Fondation ?
Nous avons actuellement 2 500 projets sur l’ensemble de la France, dont des sujets assez emblématiques comme la Maison de Colette ou le Musée Rimbaud. Concernant notre avenir, nous savons ce que la Fondation a été pendant vingt ans, maintenant nous sommes en train de travailler à ce qu’elle pourrait être dans vingt ans. Tout en gardant notre cœur de métier, notre ADN, il faut que l’on se positionne sur des missions nouvelles, en termes de revitalisation locale, et d’accompagnement des collectivités notamment dans le cadre de montages de projets à vocation touristique ou économique.

Repères

Énarque, né en 1965, François-Xavier Bieuville est directeur général de la Fondation du patrimoine depuis février 2014.

La Fondation du patrimoine a été créée en 1996 pour sauvegarder le patrimoine de proximité non protégé. Depuis 1999, elle organise de nombreuses souscriptions publiques.
70 millions d’€. C’est le montant collecté par souscription par la Fondation du patrimoine en quinze ans.
« Le mécénat et la participation des citoyens à la vie culturelle changent, et, je crois, enrichissent la relation entre les acteurs de la culture et leurs publics. » Fleur Pellerin, discours, 9 décembre 2014.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°677 du 1 mars 2015, avec le titre suivant : François-Xavier Bieuville, premier bilan de la Fondation du patrimoine

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