Vendredi 13 décembre 2019

Musée

Développer de nouveaux produits

Par Isabelle Manca · Le Journal des Arts

Le 6 juin 2018 - 484 mots

Une impression à la demande et personnalisable des photographies de monuments ou d’œuvres, des expositions virtuelles itinérantes et immersives, telles sont quelques-unes des exploitations possibles des banques d’images des musées..

Diversification. Afin d’étoffer leur catalogue d’offres payantes, mais aussi de répondre à l’essor des nouvelles pratiques des publics, les musées et les institutions développent de nouveaux produits. Le Centre des monuments nationaux a par exemple lancé l’année dernière un site d’impression à la demande (www.reproductions.regards.monuments-nationaux.fr). Une interface, largement inspirée des pratiques déjà anciennes de nos voisins britanniques du National Trust. Depuis ce site, ou directement à partir d’une notice de la banque d’images du Centre des musées nationaux, le client peut commander en quelques clics une photographie de son monument préféré, mais aussi celle d’une œuvre conservée dans un monument du réseau, ou des photos patrimoniales. Conçu comme un service sur mesure, ce site permet de choisir la taille du cliché, le support du tirage – sur toile ou sur papier – ainsi que la nature de l’encadrement. « Cette offre s’inscrit dans notre volonté de rendre toujours plus accessible nos photographies et notre patrimoine, sur un support de qualité et à un prix abordable, résume Laurent Bergeot, responsable des ressources documentaires. Ce site s’adresse au grand public et répond à une nouvelle façon de consommer les images que l’on voit clairement se développer. »

L’impression à la demande et personnalisable est également proposée par la Réunion des musées nationaux-Grand Palais (RMN-GP), par ailleurs à l’avant-garde de la diversification des usages des images. L’établissement s’est notamment positionné sur les prises de vue 3D et a créé deux postes dévolus à cette technique. « Pour l’instant, il n’y a pas de marché sur ce secteur, on ne gagne pas d’argent en faisant de la 3D. En revanche il y a des usages pédagogiques extrêmement intéressants », explique Vincent Poussou, directeur des publics et du numérique. L’établissement a ainsi déjà mis cette technologie au service de plusieurs projets, parmi lesquels « Sites éternels ». Cette exposition organisée au Grand Palais fin 2016 immergeait le visiteur dans des reconstitutions tridimensionnelles de lieux emblématiques du patrimoine mondial détruits, ou en péril. Cette technologie est actuellement à l’œuvre dans les Micro-Folies. La plupart des images du « musée numérique » abrité dans ces dispositifs inaugurés en 2017 proviennent ainsi des campagnes de prises de vues 3D menées par la RMN-GP. « Nous avons d’autres pistes de travail, confie Vincent Poussou. Nous réfléchissons entre autres à la possibilité de présenter, sous un format numérique, des œuvres aux publics éloignés de la culture. Cela pourrait prendre la forme de dispositifs itinérants et de petits formats. Parallèlement, nous réfléchissons également à une offre plus immersive et spectaculaire, sous la forme d’expositions virtuelles itinérantes destinées à l’étranger. » Plusieurs facteurs comme l’engouement populaire pour les offres immersives, le nombre croissant de chefs-d’œuvre assignés à résidence, sans oublier le renchérissement exponentiel du coût des expositions traditionnelles, ouvrent d’intéressantes perspectives à ce type de prestations.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°503 du 8 juin 2018, avec le titre suivant : Développer de nouveaux produits

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