États-Unis - Disparition

Disparition de Carl Andre

Par Marion Krauze · lejournaldesarts.fr

Le 26 janvier 2024 - 424 mots

NEW YORK / ÉTATS-UNIS

Le sculpteur américain, pionnier du minimalisme, s’est éteint mercredi 24 janvier à l’âge de 88 ans.

Le décès de Carl Andre, survenu le mercredi 24 janvier à Manhattan, a été annoncé par la Paula Cooper Gallery, sa représentante de longue date à New York. Figure majeure du mouvement minimaliste, l’artiste a développé une approche ascétique de la sculpture, en la réduisant à l’essentiel et en privilégiant l’usage de matériaux bruts. 

Né en 1935 à Quincy dans le Massachussetts, Carl Andre fréquente la Phillips Academy à Andover puis plus brièvement le Kenyon College dans l’Ohio, où il étudie la poésie. Lors d’un voyage en 1954, sa découverte des mégalithes de Stonehenge le marque profondément, expérience qu’il décrit lui-même comme déterminante dans sa décision de devenir sculpteur.

À partir des années 1960, Carl Andre développe un art sévère, travaillant uniquement avec du granit, du bois, de la brique et une gamme limitée de métaux élémentaires. « Il a redéfini les paramètres de la sculpture et de la poésie grâce à son utilisation de matériaux industriels non modifiés et à une approche innovante du langage », explique la Paula Cooper Gallery dans son communiqué. « Il a créé plus de deux mille sculptures et un nombre égal de poèmes tout au long de ses près de soixante-dix ans de carrière, guidé par un engagement envers la matière pure dans des arrangements géométriques lucides ».

Carl Andre qualifiait son travail de « proche de zéro », d’art non représentatif et volontairement dénué d’affect. Sa série « Éléments » est un regroupement de blocs de cèdre rouge de taille et forme rigoureusement identiques, comme s’ils étaient produits en usine. Il en est de même pour ses sculptures « Plaines » et « Carrés », respectivement conçues avec des plaques d’acier, d’aluminium et de magnésium.

En 1970, le Musée Guggenheim de New York lui consacre une exposition et il est depuis lors exposé dans de nombreuses institutions américaines et européennes de renom. En 1985, le décès de sa femme, l’artiste Ana Mendieta, met toutefois un frein provisoire à sa carrière. Carl Andre est accusé du meurtre (une chute de trente-quatre étages) puis acquitté en 1988, à la suite d’un procès extrêmement médiatisé qui reste encore aujourd’hui controversé.

Au cours de ces dernières années, les œuvres de Carl Andre réintègrent progressivement les grandes collections publiques du monde entier. Il participe notamment à la Biennale de Venise en 2013 et fait l’objet d’une rétrospective à la Dia Art Foundation en 2014, puis au Musée d’Art Moderne de Paris en 2016. En 2023, il est exposé au Daegu Art Museum, en Corée du Sud.
 

Thématiques

Tous les articles dans Création

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque