Yémen : une association de défense des droits de l’homme dénonce des abus sur un site protégé par l’Unesco

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 16 juin 2010

ZABID (YEMEN) [16.06.10] – La Hood Organization, une association de défense des droits de l’homme et des libertés, accuse les autorités locales de la ville de Zabid, ancienne capitale historique, d’extorsion de fonds, de confiscation de propriété et de violence envers les habitants de la ville. L’association en appelle à l’Unesco.

L’association Hood Organization, une des associations de défense des droits de l’homme et des libertés au Yémen – fondée en 1998 – accuse les autorités locales de la ville historique de Zabid, d’extorsion de fonds et de confiscation de maisons sous prétexte de protection du site, a-t-on appris du Yémen Observer.

La ville de Zabid est une des plus anciennes cités du Yémen dont elle fut la capitale du XIIIe au XVe siècle. Plaque tournante du commerce entre l’Afrique orientale et l’Asie, la ville avec son architecture civile et militaire est un site d’une grande importance archéologique et historique. Zabid fut connu pendant des siècles dans le monde arabe et musulman pour son université islamique. D’abord inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, la ville est depuis 2000, sur celle du patrimoine mondial en péril de l’Unesco.

Les autorités de la ville ont décidé d’appliquer les mesures de protection des monuments et du patrimoine à l’ensemble de la ville dépassant les limites fixées par l’Unesco. Ainsi, des centaines d’habitants – souvent pauvres – ont vu leurs maisons confisquées et même détruites et cela sans aucune compensation, leurs propriétés étant pourtant situées en dehors des limites établies par l’organisation mondiale.

L’affaire tourne également à l’extorsion de fonds, les autorités faisant payer des redevances à ceux qui veulent construire dans la ville, pour, selon eux, leur faire éviter les réprimandes du bureau archéologiques. Le 8 juin dernier, une manifestation organisée pour dénoncer ces abus a tourné au drame. Des tirs des autorités de police visant à disperser la foule ont coûté la vie à une personne et blessé une autre. L’association demande à l’Unesco de réagir au plus vite pour que la protection du patrimoine ne se fasse pas aux dépens des vies humaines.

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