Lundi 17 décembre 2018

Ventes d’art asiatique de New York : un marché extrêmement fort

Par Marie Potard · lejournaldesarts.fr

Le 29 mars 2013 - 702 mots

NEW YORK (ETATS-UNIS) [29.03.13] – Après un recul de 25% en moyenne en 2012, les ventes d’art asiatique de Christie’s et Sotheby’s repartent et dépassent l’estimation prévisionnelle de 108 millions de dollars avec un chiffre d’affaires de 133 millions de dollars (103,7 millions d’euros).

Cette session printanière confirme davantage le dynamisme du marché de l’art asiatique à New York. C’est d’ailleurs une double victoire, car non seulement Christie’s et Sotheby’s ont dépassé leurs estimations respectives mais encore, le produit général de 133 millions de dollars récolté par les 12 ventes organisées du 19 au 22 mars a excédé le résultat de mars 2012 (128 millions de dollars) et septembre 2012 (91 millions de dollars).
« C’est un marché extrêmement fort, avec des prix vraiment impressionnants. Globalement, tout a marché, même s’il y a eu un peu de casse chez Sotheby’s et pour la collection de meubles en huanghuali chez Christie’s. Ce n’est pas une désaffection du marché mais une sanction logique sur des objets soit abimés, soit trop chers », affirme Philippe Delalande, expert en art asiatique. « Les prix sont plus hauts que d’habitude. La raison ? Il y a une pénurie d’objets alors dès que les collectionneurs trouvent des objets de qualité, ils achètent », précise l’expert.

L’art chinois reste le grand gagnant de cette session printanière, toutes spécialités confondues, céramique, objets d’art et peinture ancienne, tant chez Christie’s avec 45,7 millions de dollars (pour une estimation globale de 26,7 millions de dollars) que chez Sotheby’s avec 41,3 millions de dollars (pour une estimation de 32,3 millions de dollars). « Quand on parle du marché de l’art asiatique, ça se résume beaucoup à l’art chinois. C’est un marché qui porte et qui rapporte beaucoup d’argent », commente Anne Papillon d’Alton, spécialiste en art d’Asie. D’ailleurs, la majorité des acheteurs sont chinois, ce qui confirme le « rapatriement » d’œuvres d’art chinoises dans leur pays d’origine. « Beaucoup de chinois rapatrient car ils ont des clients en Chine : ils achètent pour revendre, ils sont à l’affût et ont encore beaucoup d’argent », poursuit la spécialiste.

Le lot le plus convoité de la semaine se trouvait chez Christie’s : une exceptionnelle console en huanghuali, bois exotique le plus cher du monde, du XVII - XVIIIe siècle, de très grandes dimensions, probablement la plus grande jamais apparue sur le marché. Elle s’est envolée à 9 millions de dollars (est. 1,5 à 2 millions), record mondial pour un meuble en huanghuali vendu aux enchères. L’exceptionnel vase Hu en porcelaine bleu et blanche à fond jaune, d’époque Qianlong, provenant du Musée de Springfield, a été adjugé à 3,8 millions de dollars (est. 300 à 500 000 dollars).

Chez Sotheby’s, un sceau impérial en jade vert surmonté de deux dragons affrontés, de la dynastie Qing, époque Qianlong, s’est échangé pour 3,4 millions de dollars (est. 1 à 1,5 million de dollars). Mais la plus grosse surprise reste le bol chinois Ding, de la dynastie Song, acheté 3 dollars en 2007 par un particulier lors d'un vide-grenier et adjugé au marchand londonien Giuseppe Eskenazi pour 2,2 millions de dollars (est.200 à 300 000 dollars). L’archéologie, qui ne marchait pas très bien, a réalisé de bons prix, notamment pour les bronzes archaïques, les miroirs mais aussi pour les terres cuites, comme ces deux personnages vendus chez Sotheby’s plus de 300 000 dollars, dont l’un avait une estimation de 6 à 8 000 dollars.

Concernant les ventes d’art indien et d’Asie du Sud-Est, il y a un gros décalage dans ce secteur entre les deux rivales, Sotheby’s étant vraiment à la traîne (4,4 millions de dollars de résultat contre 17,5 millions chez Christie’). Les bronzes dorés bouddhiques se sont bien vendus. Ils sont très demandés par de gros collectionneurs chinois.

Le marché se maintient pour les ventes d’art asiatique moderne et contemporain, avec une participation massive des acheteurs indiens pour la dispersion de la collection Amaya chez Sotheby’s, et américains, comme à l’accoutumée, chez Christie’s. Mais force est de constater que les collectionneurs se sont recentrés sur les valeurs sûres de l’art asiatique moderne. Le lot phare, Village en fête, de SH Raza, une signature historique, a été adjugé 1,8 million de dollars (est. 600 à 800 000 dollars).

Légende photo

Rare console en huanghuali du XVII-XVIIIe siècle - 92,7 (h) x 452,8 (l) x 55,9 (p) cm - Ventes des 21 et 22 mars 2013 chez Christie's New York - Estimation 1,5 / 2 M$ - Adjugé 9.083.750 $ (frais compris) - Photo www.christies.com 

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque