Un tableau du Tintoret livre ses secrets

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 26 décembre 2008

BOSTON (ETATS-UNIS) [26.12.08] – Des conservateurs du Museum of Fine Arts de Boston ont découvert qu’un tableau du Tintoret représentant une Nativité était à l’origine une Crucifixion.

En vue de la préparation d’une exposition sur les peintres vénitiens de la Renaissance, l’analyse au rayon-X d’une Nativité du Tintoret a révélé une œuvre beaucoup complexe, raconte le Boston Globe.

Les conservateurs ont eu la surprise de découvrir qu’une première composition, sous-jacente avait été peinte par l’artiste. Le thème était à l’origine une Crucifixion dont le sujet et la composition furent changés, sans doute une vingtaine d’années après sa réalisation. Le Tintoret aurait en effet découpé la partie supérieure de la toile et peint par-dessus une nativité, préférant une composition horizontale.

Grâce à une recomposition digitale des images obtenues par l’analyse aux rayons-x, les conservateurs ont pu reconstituer l’oeuvre initiale. Il s’agit d’une découverte intéressante et inhabituelle puisque qu’il est rare qu’un peintre modifie entièrement l’une de ses œuvres. Plusieurs hypothèses ont été évoquées quant à la raison de ce changement radical effectué par le Tintoret, mais des recherches devront être entreprises pour percer ce mystère.

Il reste également à découvrir ce qu’est devenue la partie haute de la toile découpée par le Tintoret lors de la reprise du tableau. Selon Ilchman, spécialiste de la peinture de la Renaissance, « étant donné la nature économe du Tintoret, il est probable qu’il ne gaspillait aucune toile et ce morceau de la composition originale est peut-être caché sous une autre peinture dans une église de Venise ». « Cela montre une économie de composition et un sens de l’invention tout à fait remarquable.

Hormis l’apport d’informations sur le fonctionnement des ateliers à la Renaissance, cette découverte met en lumière la démarche artistique des esprits les plus inventifs de cette époque » remarque David Rosand, professeur d’histoire à l’université de Columbia.

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