Dimanche 27 septembre 2020

Un célèbre sculpteur iranien interdit de quitter son pays après une plainte de la police

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 11 juillet 2016 - 326 mots

TÉHÉRAN (IRAN) [10.07.16] - Un célèbre sculpteur iranien, Parviz Tanavoli, a affirmé dimanche avoir été empêché de quitter l'Iran après une plainte de la police qui l'accuse d'avoir \"perturbé l'ordre public\" par ses oeuvres.

"J'ai appris ce matin au tribunal que la police avait porté plainte contre moi pour publication de fausses informations et pour avoir perturbé l'ordre public", a déclaré M. Tanavoli à l'agence de presse Ilna.

Il a ajouté que la plainte portait sur certaines de ses oeuvres montrées récemment à Téhéran au musée de Niavaran (ancien palais royal) et lors d'une exposition à la galerie Shahrivar, intitulée "Tanavoli et 50 ans d'art pop".

Il n'a pas précisé ce que la police, qui n'avait pas dans un premier temps confirmé ses déclarations, reprochait à ses sculptures et en quoi elles pouvaient "perturber l'ordre public".

Parviz Tanavoli a été empêché de quitter le territoire iranien le 2 juillet alors qu'il devait aller à Londres pour présenter son dernier livre de photographies publié à l'étranger, intitulé "Femmes européennes dans les maisons iraniennes".

Ce livre représente des peintures murales de femmes européennes, parfois dénudées, datant de l'époque des dynasties Safavide et Qajar, du 16ème au début du 20ème siècle. Les représentations de femmes nues sont interdites en Iran depuis la révolution islamique de 1979.

"Je travaille depuis 50 ans et jusqu'à maintenant aucune de mes oeuvres n'avait posé de problème", a déclaré encore M. Tanavoli.

Parviz Tanavoli, âgé de 79 ans, qui a vécu au Canada avant de revenir vivre et travailler dans son pays, est considéré comme le plus grand sculpteur iranien. Ses oeuvres, parmi les plus chères des artistes d'Iran, sont vendues dans son pays, en Europe et aux Etats-Unis.

Certaines d'entre elles sont notamment exposées au British Museum à Londres, au Metropolitain Museum et au musée d'art moderne de New York.

Tanavoli est critiqué par les milieux ultra-conservateurs iraniens pour ses liens passés avec la dynastie des Pahlavi renversée par la révolution islamique de 1979.

Le Journal des Arts.fr

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