Mercredi 24 octobre 2018

Allemagne

Renaissance du musée de Leipzig

Le Journal des Arts

Le 21 janvier 2005 - 606 mots

Détruit lors de la Seconde Guerre mondiale, le Museum der Bildenden Künste Leipzig vient d’inaugurer son nouveau bâtiment où sont présentés les collections historiques et les jeunes artistes de l’école de Leipzig.

 LEIPZIG - Le Museum der Bildenden Künste (Musée des beaux-arts) de Leipzig a inauguré le 4 décembre ses splendides locaux neufs, soixante et un ans jour pour jour après la destruction par un bombardement, lors de la Seconde Guerre mondiale, de son bâtiment historique édifié en 1858. Les collections, commencées en 1848, rassemblent quelque 3 000 tableaux particulièrement représentatifs des écoles allemande des XVe, XVIe et XIXe siècles, et hollandaise du XVIIe siècle. Parmi les artistes, citons Roger Van der Weyden, Hans Baldung Grien, Caspar David Friedrich, Ludovic Carrache, le Tintoret et Claude Monet. Une salle entière est consacrée à l’œuvre de Max Beckmann tandis que le département d’estampes conserve les archives Max Klinger. De belles feuilles du baroque italien figurent parmi les 2 500 dessins, auxquels s’ajoutent les 880 sculptures et 430 médailles.
Depuis la guerre, ces pièces avaient été abritées dans des conditions discutables, et c’est en 2000 que fut posée la première pierre du nouvel édifice de 16 700 mètres carrés, dont le coût de 75 millions d’euros a été financé à hauteur de 15 millions chacun par le gouvernement du Land et l’État fédéral.

« L’art britannique, c’était hier »
Les historiens de l’art se réjouiront de (re)découvrir ces collections rendues aux visiteurs, mais c’est certainement l’art contemporain de l’école de Leipzig (lire p. 31, Parti pris) et même certaines œuvres datant d’avant la chute du Mur qui attireront le public international le plus branché.
La peinture allemande, et spécialement l’école de Leipzig, focalise depuis quelques années l’intérêt et les investissements internationaux au point de démoder les Young British Artists (YBAs). Un magazine allemand a même titré en couverture « Brit-Art war gestern ! (l’art britannique, c’était hier !) », en rapportant la boulimie d’achats du collectionneur coréen C. I. Kim à Leipzig et Berlin. Ce nouveau groupe de peintres allemands réunit David Schnell, Matthias Weischer, Tim Eitel, Martin Eder et Christoph Ruckhaberle. Lors de la dernière foire Art Basel Miami Beach, les collectionneurs de Miami Rosa de la Cruz, Rubell et Dacra exposaient tous des peintres allemands. Les Rubell présentent même jusqu’au 27 février dans leur espace cinq œuvres d’Eitel, quatre de Ruckhaberle, trois de Schnell, quatre de Weischer, et plus d’une demi-douzaine de Havekost. Les Dacra ont acquis de nombreux Kippenberger, ainsi que pléthore d’œuvres d’autres artistes allemands, dont Eberhard Havekost, Kai Althoff et Katharina Wulff.
Pourquoi tous ces collectionneurs ont-ils développé un tel intérêt ? Foncièrement modéré, l’artiste David Schnell hésite à identifier les causes de l’engouement dont son œuvre est l’objet : « Pour certains collectionneurs, c’est peut-être l’enseignement que nous avons reçu de la vieille école. La photographie et la vidéo étaient en pleine progression, et c’est pourquoi nous avons dû nous placer en nette opposition, et ne pas pratiquer la peinture sur le mode ironique, mais de façon traditionnelle. »
Ajoutez l’influence de quelques grands collectionneurs comme les Rubell ou le Britannique Charles Saatchi (qui consacre à la peinture l’exposition annuelle de sa galerie londonienne), et d’autres ne tarderont pas à leur emboîter le pas. Gérard Goodrow, directeur de la Foire de Cologne, nous confiait en octobre : « Sur le long terme, c’est le bon travail qui l’emporte ; les artistes d’ici reçoivent un meilleur enseignement, c’est le résultat du système académique et même lorsqu’ils font de la “mauvaise” peinture, l’exécution reste vraiment bonne. »

MUSEUM DER BILDENDEN KÜNSTE LEIPZIG

Katharinenstrasse, 04109 Leipzig, tél. 49 341 216 990, tlj sauf lundi, 10h-18h, 12h-20h le mercredi, www.mdbk.de

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°207 du 21 janvier 2005, avec le titre suivant : Renaissance du musée de Leipzig

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