Jeudi 12 décembre 2019

Renaissance alexandrine

La nouvelle bibliothèque ouvrira ses portes l’an prochain

Le Journal des Arts

Le 12 octobre 2001 - 365 mots

La nouvelle bibliothèque d’Alexandrie, dont la construction a débuté en 1995, sera inaugurée ce mois-ci. Elle devrait pouvoir accueillir quelque 3 500 lecteurs dès 2002.

ALEXANDRIE - La nouvelle bibliothèque d’Alexandrie sera inaugurée au cours du mois d’octobre, avant d’ouvrir officiellement en avril 2002. Cet édifice majestueux, en construction depuis 1995, a pour ambition d’abriter, avec ses quatre à huit millions de livres, tout le savoir humain, à l’image de l’institution légendaire voulue par Ptolémée Ier en 288 av. J.-C. Le toit de l’édifice, circulaire et incliné vers le golfe, se reflète dans la Méditerranée. Pour le cabinet d’architectes norvégiens Snøhetta, concepteur du projet, ce toit fait écho à un microprocesseur, symptomatique de l’ambition de la nouvelle bibliothèque qui entend faire partie intégrante du “réseau des réseaux”. La décoration extérieure se veut également universaliste, puisque ses panneaux en granit sont ornés de tous les symboles que l’humanité a utilisé pour communiquer : caractères extraits des innombrables écritures du monde entier, notations musicales, nombres et symboles algébriques, codes extraits du langage informatique.

Dans une Alexandrie en pleine effervescence, la passion de Ptolémée Ier pour les livres l’a mené à la création d’un refuge pour la science et la culture, un espace où les esprits les plus brillants du monde hellénistique pourraient séjourner. Pendant trois siècles, et jusqu’à l’arrivée de Jules César en 48 av. J.-C., la bibliothèque d’Alexandrie est restée un haut lieu de découvertes révolutionnant la perception de l’homme. Après l’incendie de la bibliothèque, Cléopâtre fit aussitôt reconstruire l’édifice qui resta ouvert jusqu’à l’édit de l’empereur Théodose en 392 après J.-C. interdisant toutes les religions hormis le christianisme. La fureur des fidèles s’abattit alors sur les écrits païens contenus dans le bâtiment. Depuis lors, la bibliothèque d’Alexandrie n’a continué d’exister que dans l’imaginaire des artistes et surtout dans les descriptions oniriques qu’en ont faites certains écrivains comme Jorge Luis Borges ou Umberto Eco. Ce dernier est d’ailleurs aujourd’hui appelé à faire partie du comité scientifique de la nouvelle bibliothèque.

Pour l’heure, les immenses salles vides de cette construction de treize étages permettent encore toutes les spéculations : dans son enthousiasme, son directeur, Ismail Sarag el-Din, rêve d’une institution faisant le pont entre l’Orient et l’Occident.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°134 du 12 octobre 2001, avec le titre suivant : Renaissance alexandrine

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