Vendredi 22 novembre 2019

Musée

Karlin Berghmans, « La devise du Mudia : L’art autrement »

Par Isabelle Manca · L'ŒIL

Le 1 octobre 2018 - 656 mots

REDU / BELGIQUE

Karlin Berghmans est directrice du Mudia, Musée didactique d’art. Elle a été conservatrice du Musée en plein air du Sart-Tilman puis manager de la boutique du Bastogne War Museum (Mudia, place de l’Esro, 61, Redu (Belgique), www.mudia.be)

Qu’est-ce que le Mudia ?

Karlin Berghmans « Mudia », c’est l’acronyme de Musée didactique d’art. Il s’agit d’une association sans but lucratif fondée par Éric Noulet, un amateur et collectionneur d’art belge. Cet établissement expose des œuvres issues de collections privées. Certaines appartiennent à monsieur Noulet, mais il y a aussi des dons et des prêts de longue durée consentis par des collectionneurs internationaux. Le fondateur du Mudia, qui a fait carrière dans le marketing, voulait présenter un concept muséal unique, d’où la devise de l’établissement : « L’art autrement ».

En quoi se distingue-t-il des établissements conventionnels ?

Sa vocation est de rendre l’art attractif et accessible à tous, et notamment aux familles qui sont notre cible prioritaire. Nous voulons permettre aux visiteurs d’appréhender l’art de façon nouvelle en proposant une expérience qui va au-delà de la simple contemplation. Les musées de beaux-arts traditionnels reposent uniquement sur le visuel et ne permettent pas suffisamment d’interactions avec les œuvres. Ils ne sont pas pensés pour offrir des visites ludiques à vivre en famille. Pour un public non averti, qui ne possède pas les clés de lecture de l’art, le musée est souvent intimidant. Ici, au contraire, nous souhaitons décomplexer le public par rapport à l’art et au musée.

Le Mudia se présente comme une « attraction » ; quelle est la différence avec un musée ?

Nous voulons clairement désacraliser le musée, qui est parfois synonyme d’ennui, et montrer, au contraire, que l’on peut découvrir les œuvres et les mouvements artistiques en s’amusant. L’art a toujours été une forme d’expression et de partage destinée au plus grand nombre. Or, aujourd’hui, le grand public pense qu’il est réservé à une élite. Le Mudia se présente comme une attraction basée sur l’art, vraiment accessible à tous. Nous présentons trois cents œuvres prestigieuses et authentiques et une série de dispositifs qui sont là pour aider le visiteur à comprendre l’art. Ces différents outils didactiques et ludiques permettent de vivre différemment les œuvres, de manière décontractée. Le rythme de la muséographie a aussi été étudié spécifiquement pour un public familial. Les cartels sont donc faciles à lire, ils vont à l’essentiel et les dispositifs interactifs interviennent de manière fluide, courte et précise. La notion de fluidité du parcours est fondamentale pour que le public prenne du plaisir, s’amuse et ne sente même pas qu’il est en train d’apprendre. Ainsi, on part de l’anecdotique pour amener le visiteur à découvrir des œuvres, des artistes, des mouvements. Les ingrédients du Mudia sont l’émotion, la surprise, le jeu et la diversité des approches. Cela se traduit notamment par des dispositifs interactifs très variés, qui ne reposent pas uniquement sur le numérique, mais aussi sur une scénographie participative qui place le public en situation active. Nous proposons différents moyens pour aiguiser la curiosité du visiteur, comme une grande échelle sur laquelle il faut grimper pour admirer un petit tableau qui pourrait passer inaperçu sans cette animation. Notre public peut également expérimenter un jeu dans lequel il doit imiter la pose d’un modèle pour mettre en mouvement un tableau animé, ou encore actionner une machine à sous pour se familiariser avec le marché de l’art.

Le MUDIA

Inaugurée le 10 septembre à Redu, dans la province du Luxembourg, cette attraction sur le thème de l’art présente des peintures, des sculptures et des œuvres graphiques de la fin du Moyen Âge à nos jours.

1 000
C’est la surface en mètres carrés du Mudia, répartie en 20 salles présentant 300 œuvres signées, entre autres, Véronèse, Picasso, Rodin ou encore Tournier, et des dispositifs interactifs.

« L’offre culturelle fait cruellement défaut dans les Ardennes belges. C’est ce chaînon manquant qu’a voulu combler Éric Noulet, amateur et collectionneur d’art, en créant le Mudia à Redu. »
lachronique.be, 15/07/2018

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°716 du 1 octobre 2018, avec le titre suivant : Karlin Berghmans, "La devise du Mudia : L’art autrement"

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