Dahchour est de retour

Douze pyramides de nouveau accessibles près du Caire

Le Journal des Arts

Le 9 octobre 2009

Situées pendant quarante ans en zone militaire, les douze pyramides de Dahchour sont de nouveau accessibles au public. Parmi elles, la pyramide rhomboïdale et la pyramide rouge, plus anciennes que celles du plateau de Gizeh… et beaucoup moins fréquentées.

LE CAIRE. Érigées à Dahchour par Snéfrou, le premier pharaon de la IVe dynastie qui régna de 2613 à 2589 avant J.-C., la pyramide rhomboïdale et la pyramide rouge sont antérieures aux pyramides de Gizeh, construites entre 2550 et 2470 avant J.-C. par Khéops – fils et successeur de Snéfrou –, Khéphren et Myké­rinos. La pyramide la plus an­cienne d’Égypte, celle de Djoser, érigée sous la IIIe dynastie, est une pyramide à degrés : représentation symbolique de l’escalier grâce auquel le pharaon rejoint la course solaire. Cette conception inspirera directement les constructions suivantes. Ainsi, la pyramide rhomboïdale s’élève selon un angle de 54 degrés, jusqu’à un certain point où l’inclinaison atteint 43 degrés. La pyramide rouge est considérée comme la première pyramide régulière, tandis que les pyramides de Gizeh dérivent également des constructions de Dahchour, mais leur inclinaison est de 52 degrés. La pyramide rouge tirerait son nom des reflets écarlates dont sa couverture calcaire se teintait au soleil. Il est possible de pénétrer dans ses chambres funéraires en rampant sur soixante mètres, le long d’un couloir qui donne accès à deux antichambres, toutes deux dotées d’une extraordinaire voûte en encorbellement. Un escalier mène ensuite à la Chambre impériale, située au sommet de la pyramide. Ni momies, ni cercueils, ni mobilier funéraire n’ont jamais été retrouvés dans la pyramide rouge, où seuls quelques vestiges osseux ont été découverts, peut-être ceux de Snéfrou.

En relation avec l’astronomie
Alors que le revêtement calcaire de la plupart des pyramides a disparu et qu’elles ne possèdent généralement qu’une seule entrée, celui de la pyramide rhomboïdale est relativement bien préservé et elle dispose de deux entrées, au nord et à l’ouest, malheureusement fermées. Selon l’ouvrage de Graham Hancock et Robert Bauvel, Keeper of Genesis (Les gardiens de la Genèse), publié en 1996, le plan du site de Dahchour et de ses monuments reflète la disposition des deux plus grandes étoiles des Hyades, comme les pyramides de Gizeh figurent les trois étoiles du baudrier d’Orion. Trois millions et demi de touristes ont visité Gizeh en 1996. La pyramide de Khéphren a même été temporairement fermée en raison des dommages causés par l’humidité due à la respiration de ses nombreux visiteurs. Dahchour n’est situé qu’à une vingtaine de kilomètres de Gizeh, et le site est pour l’instant désert…

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°38 du 16 mai 1997, avec le titre suivant : Dahchour est de retour

Tous les articles dans Patrimoine

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque