Lundi 10 décembre 2018

Éditorial

Marketing électoral

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 31 janvier 2017 - 346 mots

Maintenant que tous les candidats à la présidentielle sont connus – en principe – celle-ci va prendre un nouveau tour. Et comme à chaque élection, des voix vont s’élever pour regretter que la culture ne soit pas plus présente dans la campagne. C’est dans l’ordre des choses que chaque secteur de la société veuille que l’on parle de ses problèmes. Mais en l’espèce, les représentants de la culture, qui ont le verbe facile et un accès direct aux médias, revendiquent une dimension supérieure de la culture. Ce n’est pas faux, la culture, prise au sens large, c’est le théâtre, les arts, la littérature, les industries culturelles, mais aussi la langue, les traditions locales, l’habillement, les règles de politesse… En un sens tout est culture et chacun peut en être le représentant. Les programmes politiques façonnent en eux-mêmes des sociétés culturelles différentes. Mais si les revendications corporatistes des acteurs de la culture ont si peu de relais dans les discours politiques, c’est parce qu’il y a un consensus gauche-droite sur les questions essentielles, mais aussi parce que ce n’est pas payant électoralement. À gauche, Martine Aubry – dont se revendique la grande majorité du monde de la culture –, lorsqu’elle était candidate à la primaire socialiste en 2011, voulait augmenter le budget de la Culture de 30 à 50 %. Arnaud Montebourg, à la primaire 2017, voulait, lui, l’augmenter de 15 à 20 %. Ni l’un ni l’autre n’ont été choisis par les sympathisants de gauche. Emmanuel Macron, dont l’attention des médias est inversement proportionnelle à la précision de son programme, a cependant commencé à annoncer quelques mesures. Il s’est bien gardé d’appeler à une augmentation du budget de la Culture, préférant reprendre à son compte une initiative de Matteo Renzi : une forme de « revenu culturel » pour les jeunes de 18 ans de 500 € par an, permettant d’acheter un livre ou de télécharger de la musique. Le financement de cette bourse est encore flou, comme pour la limite d’âge des bénéficiaires, mais il faut lui reconnaître un sens du marketing électoral. À suivre.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°472 du 3 février 2017, avec le titre suivant : Marketing électoral

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