Samedi 24 février 2018

Extrême - culture

L'ŒIL

Le 30 janvier 2008

Ce mois de mai 2002 n’aura jamais autant été source de tourments, de craintes, mais aussi de stupéfactions. Cette montée « d’une extrémité » de la classe politique a en effet surpris plus d’un citoyen, remettant sérieusement en cause les valeurs de la République et le débat culturel qui s’opère depuis plus de 200 ans en France. La grande masse, parmi laquelle des gens de culture, fédérés ou non en corporation, se sont alors largement exprimés pour dénoncer et s’opposer à cette dérive fascisante et réactionnaire des esprits.
Mais au simple rejet d’idées aussi malsaines soient-elles, ne doit-on pas s’appliquer à en trouver les causes. Certes, ce n’est une surprise pour personne, les problèmes liés à la sécurité ou plutôt à l’insécurité avec leur présence quasi perpétuelle au cœur des débats médiatiques ont sans aucun doute ouvert la voie à ces relents de xénophobie. Et plutôt que d’essayer de comprendre le fonctionnement de la société telle qu’elle est aujourd’hui structurée avec ses accès rapides à l’information, même la plus vile, la suprématie des marques sur la culture, les violences de plus en plus banalisées... les médias ont un peu simplifié le discours en étalant purement et simplement les dégâts provoqués par cette mutation.
Car de questionnements attenants aux échanges culturels, il n’en fut presque jamais question. Et pourtant, la bonne constitution d’une société ne tient-elle pas à la diversité culturelle, aux partages des valeurs et à l’acceptation de l’autre ? Mon discours tend peut-être vers un certain idéalisme, me direz-vous, mais il suffit sans doute parfois de s’ouvrir davantage aux autres que de regarder passivement son petit écran pour s’adapter aux changements qui font, ne l’oublions pas, partie intégrante du phénomène de la modernité.
Bien sûr, la culture ne peut pas tout résoudre, mais le simple fait de faciliter son accès peut parfois déclencher des changements de comportements, d’attitudes, d’idéaux chez les personnes qui n’ont même jamais eu la chance de voir une œuvre ou l’audace d’entrer dans un lieu d’art. En témoigne chaque mois, chaque jour, le succès méconnu des actions de sensibilisation des publics mises en place par les musées, centres d’art, Fonds régionaux d’art contemporain... à travers la France.
Pour clore cette parenthèse citoyenne, je tiens à vous remercier, vous lecteur de L’Œil, d’avoir été aussi nombreux à retourner notre questionnaire qui nous permettra dans un proche avenir de mieux répondre à vos attentes. D’autant que la revue et sa maison d’édition s’apprêtent à bénéficier de nouveaux moyens, en la personne d’un nouvel éditeur, Jean-Christophe Castelain, qui assurera à L’Œil la possibilité de poursuivre ses actions au sein des territoires de l’art. Aussi, bonne lecture pour ce numéro quasi intégralement dédié à l’architecture et à ses aspects les plus divers.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°537 du 1 juin 2002, avec le titre suivant : Extrême - culture

Tous les articles dans Opinion

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque