Art Up !

L’architecture en perspective

Par Aurélie Romanacce · L'ŒIL

Le 17 février 2017 - 702 mots

À l’affût des tendances, Art Up ! fête cette année, à Lille, ses 10 ans en misant sur la thématique de l’architecture dans l’art pour attirer l’attention des galeristes et des collectionneurs. Prétexte ou stratégie ?

Conviviale », « familiale », mais aussi « éclectique » ou « contrastée », Lille Art Up ! peut se targuer de ne laisser personne indifférent. Importante foire d’art contemporain en région avec plus de 31 000 visiteurs et 100 galeries en 2016, elle parvient chaque année à se renouveler pour attirer de nouveaux visiteurs. Sous la férule de Didier Vesse, son directeur énergique, le salon surfe sur l’air du temps pour accompagner les tendances créatives qui agitent le monde de l’art et proposer aux collectionneurs de nouvelles pistes d’achat. « Je vais à toutes les foires, je vois ce que font les jeunes et la tendance qui apparaît », explique Didier Vesse. La tendance actuelle, selon lui, c’est « l’ar(t)chitecture », à savoir le mélange de l’art et de l’architecture, deux univers autrefois étanches, voire parfois hostiles.

Les architectes connaissent une notoriété sans précédent et bénéficient d’expositions dans des musées prestigieux, comme le Centre Pompidou, qui attirent désormais aussi bien le grand public que les initiés. Autre marqueur de cette nouvelle tendance, la naissance de galeries spécialisées dans l’art contemporain et l’architecture, comme la Solo Galerie à Paris qui présente des œuvres à part entière, qui ne sont ni des dessins ni des maquettes. Et si le directeur de Lille Art Up ! a décidé d’y consacrer une thématique cette année, « c’est parce que l’architecture permet de fédérer beaucoup de gens. Toutes les facettes du métier sont valorisées, que ce soit la fresque, la sculpture ou la peinture », confie-t-il, enthousiaste. Face à cet engouement, il a donc choisi de faire résonner ce thème sur toute la foire en présentant la jeune création, des solo shows de galeristes et un parcours dans les stands autour d’œuvres qui s’inspirent de l’architecture.

Une thématique ludique propice à l’expérimentation

Les huit jeunes artistes sélectionnés de la section Révélation, qui présentent souvent pour la première fois leurs œuvres dans un contexte professionnel, ont puisé dans l’architecture des propositions singulières autour de la photo (Louise Decroix, Pauline Renard et Rémi Couvreur), la vidéo (Théo Romain), l’installation (Juliette Pernin), la sculpture (Wilfried Dsainbayonne et Léo Sudre) ou le dessin (Lisa Sellier). Plus radicale, la carte blanche du galeriste Cédric Bacqueville au duo d’artistes Delage Olson propose au visiteur d’entrer dans un espace dans « lequel on s’est amusé à superposer des époques différentes », dévoile Delage, l’un des artistes. Si les ouvertures symétriques de part et d’autre du stand évoquent une construction classique, l’intérieur de la pièce, plongé dans l’obscurité, renferme un atrium dans l’esprit des villas romaines, composé d’un bassin sur lequel repose une ogive lumineuse.

Au beau milieu de l’effervescence de la foire, la Galerie Cédric Bacqueville se présente comme un sas de méditation et de recueillement inattendu. Un parti pris risqué ? « Oui, mais j’aime bien les défis, affirme le galeriste de 38 ans. Dans les foires, il faut créer l’événement. Et comme Lille Art Up ! propose des prix plus attractifs que d’autres salons, on peut se permettre plus de liberté », soutient le galeriste qui revient pour la cinquième année. Outre cette installation, une série d’une dizaine de tableaux lumineux du même duo d’artistes sont exposés sur le stand pour un prix allant de 3 000 à 15 000 euros.

Autre galerie à proposer un solo show mêlant art et architecture, l’Urban Art Gallery (Stuttgart) présente l’œuvre du street-artiste Marc Woehr. Entre sculptures et tableaux, ces villes en vue aérienne, composées de lamelles de bois découpées au laser dans une tonalité de rouge, de noir et de blanc rappellent El Lissitzky. Enfin, dans le parcours des galeries présentant des artistes en lien avec l’architecture (une vingtaine au total sur 100), on retiendra la série de splendides photographies de Vincent Fournier à la New Square Gallery, les œuvres très structurées d’art cinétique de Nathalie Cohen à la Galerie Art in Eyes (entre 3 000 et 15 000 euros), les sculptures en trompe-l’œil et acier oxydé de Stevens Dossou-Yovo (entre 5 000 et 12 000 euros) ou encore les magnifiques peintures de forêt tropicale de Xavier Deshoulières, qui joue sur l’enchevêtrement de la végétation comme architecture naturelle (entre 5 000 et 20 000 euros) à la Galerie Detais.

« Art Up ! »

Du 2 au 5 mars 2017. Lille Grand Palais, 1, boulevard des Cités-Unies, Lille-Euralille (59). Tarifs : 7 et 10 €. www.art-up.com

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°699 du 1 mars 2017, avec le titre suivant : Art Up !

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