L’Union européenne renonce à interdire les peintures à base de cadmium

Par Julie Paulais · lejournaldesarts.fr

Le 2 novembre 2015 - 375 mots

BRUXELLES (BELGIQUE) [02.11.15] – Discutée à Bruxelles depuis septembre 2014, l’interdiction des pigments au cadmium proposée par la Suède ne sera finalement pas appliquée par l’Union européenne.

Des représentants de la Commission européenne ont annoncé le 28 octobre que l’Union européenne n’appliquera pas l’interdiction à l’échelle européenne des pigments à base de cadmium, essentiels pour créer des rouges, oranges et jaunes intenses et lumineux.

The Art Newspaper rapporte que la décision a été prise après plusieurs consultations publiques avec des artistes et des fabricants de peintures, qui se sont opposés à cette mesure limitant fortement la palette de couleurs utilisables.

L'interdiction a été initialement proposée en 2014 par la Suède, qui affirme que les artistes utilisant le cadmium polluent la chaîne alimentaire quand ils rincent leurs pinceaux dans l'évier. Selon un rapport présenté par la Suède à l'Agence européenne sur les produits chimiques (ECHA), le cadmium pourrait se retrouver dans les stations d'épuration, dont l’eau est ensuite utilisée sur les terres agricoles.

Le cadmium dans sa forme pure est très toxique, mais les composés de cadmium utilisés par les artistes ne sont pas classés comme dangereux selon Reach, un organisme qui conseille l'Union européenne sur l'utilisation de produits chimiques.

Le cadmium a été découvert en 1820 et commercialisé pour la première fois auprès des artistes dans les années 1840. C’est l’un des principaux composants utilisé pour obtenir les couleurs rouge, jaune, et marron, et leur apporter une lumière et une chaleur particulière. Ainsi les célèbres tons jaune et orange des toiles de Claude Monet, Edvard Munch ou Van Gogh proviennent de l’utilisation de pigments à base de cadmium.

Michael Craine, le directeur général de Spectrum Paints, un fabricant britannique de peintures qui a fait campagne contre l'interdiction, s’est réjoui de cette décision, qui selon lui reconnaît « la fraternité des artistes comme une communauté à part entière », ce qui devrait mener à une meilleure protection de leurs intérêts dans le futur. Michal Craine a également insisté sur le fait que la peinture à base de cadmium n’est pas responsable de la pollution, mais plutôt les batteries nickel-cadmium qui ont été déversées dans des sites d'enfouissement. Leur vente est réglementée dans l'Union européenne depuis 2006 et leur élimination est fortement réglementée, mais difficile à appliquer.

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Un cristal de cadmium © Photo Alchemist-hp - 2010 - Licence Free Art License 1.3 

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