L’artiste Tala Madani poursuivie en justice après avoir bloqué la vente d’une oeuvre qu’elle nie être de sa main

Par Alexandra Houël · lejournaldesarts.fr

Le 27 août 2013 - 407 mots

EUGENE, OREGON (ETATS-UNIS) [27.08.13] – Après avoir omis de payer les loyers d’un espace de stockage dans lequel se seraient trouvées une centaine de ses œuvres, Tala Madani est poursuivie en justice par leurs acheteurs, qui les ont acquises lors d’une vente aux enchères de biens non réclamés. Elle renierait les œuvres abusivement selon eux, afin d’en empêcher leur vente.

Deux particuliers poursuivent en justice le 11 août 2013 l’artiste Tala Madani, afin d’obtenir une confirmation de possession légitime des œuvres qu’ils détiendraient d’elle, et d’un jugement déclaratif de paternité des œuvres, que l’artiste nie actuellement être de sa main.

Une vente aux enchères d’objets non réclamés à Independance dans le Missouri avait permis à deux particuliers, Brad Daily et Mike Claxton de se porter acquéreur du contenu d’un local de stockage « abandonné », qui aurait notamment abrité 114 peintures de l’artiste iranienne Tala Madani, ainsi que certains de ses effets personnels tels que des photos d’identité ou un journal manuscrit.

Tala Madani, reconnue internationalement, figurant dans la collection de la Tate Modern, et lauréate de nombreux prix, n’aurait pas réglé les loyers pour l’emplacement qui aurait alors été considéré par l’entreprise de location comme abandonné.

En mai 2013, les deux hommes ont mis en vente un de ces tableaux, estimé entre 15 000 et 20 000 dollars chez Phillips Gallery à New York. La vente n’avait pu avoir lieu, car Tala Madani contestait la légitimité de cette mise en vente, menaçant de poursuivre la maison de ventes si elle n’y mettait pas un terme. Afin de bloquer cette transaction, elle aurait nié la paternité de ces œuvres, invoquant le Visual Artists Rights Act. Cette loi dispose qu’un auteur peut empêcher l’utilisation de son nom dans l’attribution d’une oeuvre, mais que ce droit est limité aux travaux qu’il n’a pas créés - l’auteur ne peut dénoncer que l’attribution abusive d’une œuvre.

Or, selon la plainte des deux acquéreurs, ces œuvres sont signées de son nom, et certaines d’entre elles auraient déjà été exposées et présentées comme ses travaux personnels.

Si les œuvres sont bien de la main de Tala Madani, elle ne peut les renier car il n’existe pas aux Etats-Unis de droit de repentir ou de retrait attaché au régime du copyright comme dans le régime du droit d’auteur français. Les oeuvres qu’elle a « oubliées » dans ce local de stockage pourraient être vendues sous son nom, et ne lui rapporteraient pas un centime.

Légende photo

Tala Madani (1981) - Cake Rose dit Pink Cake (2008) - Huile sur toile - 40 x 30 cm - Galerie Saatchi - Londres - © Photo HerryLawford - 2009 - Licence

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque