La porte du Paradis à nouveau exposée à Florence après 27 ans de restauration

Par Doriane Lacroix Tsarantanis · lejournaldesarts.fr

Le 11 juin 2012 - 425 mots

FLORENCE (ITALIE) [11.06.12] – La restauration du chef-d’œuvre réalisé par Ghiberti pour le baptistère de Florence, s’est enfin achevée. La « Porte du Paradis », telle qu’elle fût surnommée par Michel-Ange, sera exposée dans la cour couverte du Musée de l'Œuvre de la Cathédrale, à partir du 8 septembre 2012.

Vasari n’avait pas hésité à la qualifier de « la plus belle œuvre qui se soit jamais vue au monde, tant chez les anciens que chez les modernes ». Après 27 ans de restauration, le public va pouvoir à nouveau admirer la porte qui se trouvait à l'origine sur le côté oriental du baptistère, face à la cathédrale.

La Porte du Paradis avait été endommagée par les inondations de l'Arno, qui eurent lieu en 1966. Six de ses dix panneaux furent alors arrachés de leur châssis par la violence des flots. Ils furent par la suite transférés au Musée de l’Œuvre pour être installés dans la cour, recouverte d’une verrière. En 1990, c’est une copie de la porte, réalisée à partir d'un moulage pris au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, qui fût installée sur son emplacement d'origine. Les quatre derniers reliefs ayant été restaurés, les battants de la porte, sont à présent recomposés dans leur intégralité.

Lorenzo Ghiberti réalisa cette œuvre monumentale de 1426 à 1452, avec la collaboration de Luca della Robbia, Donatello, Michelozzo, Benozzo Gozzoli, Bernardo Cennini, ainsi que de ses deux fils Vittore et Tomaso. C’est Michel-Ange qui, frappé par sa beauté, la déclara digne d’être la Porte du Paradis. Ses dix panneaux illustrent des scènes tirées de l'Ancien Testament, de la Genèse au Livre des Rois. Ils sont entourés d'une frise composée de 48 éléments. Dans les encadrements, alternent ainsi des prophètes et des sibylles, l’artiste ayant également inséré son autoportrait dans l’un des médaillons.

L’extraordinaire porte orientale du baptistère mesure 5,20 mètres de haut, 3,10 de large et 11 centimètres d'épaisseur, pour l’équivalent de huit tonnes de bronze et d'or. Les deux battants de la porte furent coulés d'un seul tenant, puis 58 panneaux, coulés un à un, y furent apposés avant d'être dorés à l'or fin. L’AFP rapporte que la Porte du Paradis sera protégée à l'intérieur d'une vitrine transparente à taux d'humidité bas et constant, afin de conserver le fragile alliage de bronze d'or ; le danger étant la formation de sels susceptibles de perforer la fine pellicule dorée recouvrant les diverses scènes. Le coût de la restauration s’est élevé à 3 millions d’euros, le ministère de la Culture italien ayant financé les deux tiers du montant.

Légende photo

Lorenzo Ghiberti (1378-1455) La Porte du Paradis (1426) - Bronze - © Photo Ricardo André Frantz - 2005 - Licence CC BY-SA 3.0 

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