Un nouveau baptême pour le Musée de l’Œuvre

Le Journal des Arts

Le 4 février 2000 - 493 mots

Second sanctuaire de la sculpture florentine après le Bargello, le Musée de l’Œuvre du Dôme, à Florence, a rouvert ses portes, après plus d’un an de restauration. L’édifice a été mis aux normes, doté de la climatisation et d’un nouveau système d’éclairage qui rend enfin justice aux nombreux chefs-d’œuvre exposés.

FLORENCE ( de notre correspondant) - L’architecte Luigi Zangheri a respecté les éléments anciens du bâtiment, tout en introduisant des matériaux modernes, pour ne pas dire franchement high tech. Depuis le 23 décembre, on peut enfin admirer les éléments architecturaux du chœur de Bandinelli, en partie démantelé en 1842 lors d’une opération de “purification” stylistique à l’intérieur de la cathédrale, de même que les bas-reliefs de la clôture supprimés la même année. Des fragments sculptés au Moyen Âge, jusque-là cachés dans les réserves, sont exposés pour la première fois. Et bien que cela ne soit qu’un début, les nouveaux aménagements marquent la volonté de mieux présenter les sculptures de la façade médiévale du Dôme.

La cour, recouverte d’une verrière, abrite les panneaux de la Porte du Paradis du Baptistère. Au fur et à mesure qu’ils seront restaurés, les quatre derniers reliefs viendront rejoindre les six autres déjà en place, recomposant ainsi dans leur intégralité les battants de la porte. Également dans la cour, le groupe du Baptême du Christ d’Andrea Sansovino est à nouveau visible : il avait été retiré en 1975, en raison d’une grave détérioration au visage du Christ. Occupées un temps par les archives de l’Œuvre (à présent relogées dans un nouveau bâtiment), les salles du premier étage exposent les outils et les câbles qui ont servi à la construction de la coupole de Brunelleschi, ainsi que la maquette en bois du lanternon, celles du tambour réalisées au XVIe siècle, et celles de la nouvelle façade du Dôme qui date du XIXe siècle.

Des espaces supplémentaires
Bonne nouvelle, le Chapitre de la Cathédrale a également acquis un vaste espace rectangulaire à l’arrière du musée actuel, avec un accès direct à la Piazza del Duomo ouvert dans la façade même du bâtiment. Bien qu’il ait été déclassé pour servir de garage, il s’agit de ce que l’on appelait au XVIIIe siècle le “Théâtre des Intrépides”, conservé intact, tout au moins dans sa structure originelle. Avec la réintégration de cette propriété qui appartenait à l’Œuvre, le musée disposera de surfaces supplémentaires pour exposer ses statues. L’étroitesse des locaux actuels pénalisaient certains chefs-d’œuvre qui devaient se contenter d’espaces exigus, comme la Pietà de Michel-Ange, réduite à faire antichambre sur un palier.

Il serait aussi urgent de rentrer des sculptures encore à l’extérieur, et notamment le groupe en bronze du Baptiste prêchant au Pharisien et au Lévite de Giovanni Francesco Rustici et Léonard de Vinci, sur la porte nord du Baptistère. Enfin, il semble impossible de ne pas intégrer au musée les deux autres portes du Baptistère, qui portent des signes évidents de problèmes de conservation, semblables à ceux dont souffraient les Porte du Paradis.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°98 du 4 février 2000, avec le titre suivant : Un nouveau baptême pour le Musée de l’Œuvre

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