Dimanche 29 novembre 2020

Ostende (Belgique)

Fabre, vingt-quatre lieux et la mer

Mu.ZEE et dans toute la ville - Jusqu’au 15 avril 2018

Par Colin Cyvoct · L'ŒIL

Le 22 novembre 2017 - 353 mots

Expert en démesure, Jan Fabre (né à Anvers en 1958) revêt à Ostende des habits d’artiste-commissaire.

En compagnie de Joanna De Vos, historienne de l’art, il invite soixante-treize artistes à « réagir à la question suscitée par le lien entre Le Radeau de la Méduse (1818) de Géricault et [son] radeau L’art (n)’est (pas) solitaire (1986) ». Projet géant, toute la ville est investie. Le visiteur est convié à s’immerger dans la cité balnéaire, forcément riche en histoires de naufrages, avec l’idée du radeau comme fil conducteur : « Un véhicule, un moyen de sauvetage, un endroit pour s’isoler, réfléchir, hésiter, comprendre et rencontrer. » Ces mots de Jan Fabre renvoient très précisément à ce qui attend le promeneur qui découvre les œuvres réparties dans les espaces muséaux de la ville – des études de Géricault sont présentées au Mu.ZEE –, mais aussi dans des lieux plus improbables, tel un vaste appartement avec vue impressionnante sur la mer du Nord, l’hippodrome Wellington, un trois-mâts ancré dans le port, le Mercator, ou les caves humides de l’église Saint-Joseph, où l’on peut voir deux courtes et fortes vidéos d’Adrian Paci (né en 1969 en Albanie) et d’Aslan Gaisumov (né en 1991 à Grozny). Les photos et la vidéo si finement décalée de la série We Are Happy Where We Are Not ! (2017) de Messieurs Delmotte (né à Liège en 1967), Mar Negro (2013), un vaste parquet coloré fabriqué par Carlos Aires (né en Espagne en 1974) avec des morceaux de bois issus de bateaux ayant transporté des réfugiés illégaux, et Mémoire du merveilleux.L’Arche de Noé (2012), une dense et troublante installation de Jean-Luc Parant (né en 1944 à Mégrine), se découvrent aux Galeries vénitiennes, en bord de plage. Place Marie-José, Fake Monuments (2017), de vraies fausses sculptures d’Enrique Marty (né en 1969 à Salamanque), évoquent le siège d’Ostende par l’armée espagnole au XVIIe siècle, qui fit des dizaines de milliers de morts. Un hidalgo accoutré de son armure apparaît accroupi sur son socle, déculotté, fesses à l’air, dans une position clairement explicite. Cerises sur le radeau, une quinzaine de performances se dérouleront à dates fixes jusqu’en avril 2018.

« Le Radeau. L’art (n)’est (pas) solitaire »,
vingt-quatre lieux répartis dans Ostende (Belgique), www.muzee.be

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°707 du 1 décembre 2017, avec le titre suivant : Fabre, vingt-quatre lieux et la mer

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