Dimanche 25 février 2018

Un parcours chronologique et historique qui déborde le cadre habituel de l’avant-garde

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 6 septembre 2007

L’exposition bruxelloise a fait le choix d’exposer l’avant-garde russe dans un contexte plus étendu, de son berceau au tout début du xxe siècle à sa dissolution dans l’idéologie socialiste des années 1930. La section néoprimitiviste fait la part belle aux toiles de Gontcharova (1881-1962), Larionov (1881-1964) et Malévitch (1879-1935).
Le Faucheur de ce dernier représente la figure hiératique et massive de ce paysan sur un fond sans perspective, un contrepoint aux Blanchisseuses de Natalia Gontcharova, exaltation de tâches féminines séculaires représentées selon la tradition des loubki russes avec une acuité naïve mais volontaire.
Gontcharova et Malévitch, incontournables dans les années 1910, dominent la section « Cubofuturisme et Futurisme ». Avec Le Cycliste, Gontcharova effectue en 1913 la parfaite synthèse de la fragmentation cubiste avec ses parcelles de mots en fond de toile alliée à la traduction de la vitesse du cycliste dans un pur style futuriste.
Malévitch, plus cubiste, crée des toiles alogiques sous l’impulsion de poètes et écrivains. Avec une vache et un violon, il bouscule la logique et le bon goût bourgeois, s’émancipant du diktat de la représentation de la réalité, et pose les bases de la libération picturale qu’il déclenche en 1915 avec le suprématisme.

Quadrangle au carré
Dans la section « Abstraction et Constructivisme », le quadrangle, le cercle et la croix noirs incarnent la philosophie mystique de Malévitch, détachée de la représentation. Du fond blanc, on dit qu’il s’apparente au fond d’or de l’icône russe, de la position du quadrangle noir lors de sa première exposition dans l’angle d’une pièce en hauteur, il est dit qu’elle reprend la place de l’icône dans les maisons russes. Mystique, pureté, détachement : une autre réalité existe désormais, limitée au cadre du tableau, sans aucun besoin d’allusion ou de narration.

Essor du suprématisme
L’exposition montre aussi les développements du suprématisme chez Klioune, Rozanova, ou Lissitzky mais minore quelque peu la présence du constructivisme autour de Tatline et Rodtchenko. Suivent des sections plus courtes autour de l’art figuratif, du théâtre, de la photo, de l’architecture et de l’art dans la vie, pour ne pas dire les arts appliqués et la propagande, jusqu’à l’épilogue du réalisme socialiste

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°576 du 1 janvier 2006, avec le titre suivant : Un parcours chronologique et historique qui déborde le cadre habituel de l’avant-garde

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