Susumu Shingu

Chorégraphies plastiques

Par Armelle Malvoisin · L'ŒIL

Le 1 juin 2006 - 355 mots

Serez-vous touché par la grâce des œuvres du sculpteur japonais Susumu Shingu ? Le chorégraphe Jiri Kylian l’a été. Au point de lui demander de réaliser une sculpture activée par le vent pour son spectacle, Un coup de dés, qui s’est dansé à Paris en mai à l’opéra Garnier. Pour sa première exposition parisienne, l’artiste montre sept sculptures extra-légères et mobiles (à partir de 10 000 euros), ainsi que des œuvres sur papier rendant compte de sa recherche sur le mouvement (autour de 3 000 euros).
Les sculptures de Shingu, suspendues au plafond ou posées au sol, sont dansantes, virevoltantes, ludiques et parfois même polyphoniques. Elles imitent la nature sous des airs de libellules, papillons, fleurs, oiseaux. Certaines font écho aux prémices de l’aviation. Le message de Shingu est aussi philosophique et spirituel : « Quand notre esprit sera capable de s’accorder avec le mouvement de
la nature, notre vision en sera élargie et approfondie à l’infini. Nous parviendrons ainsi à la compréhension de vérités universelles et nous connaîtrons même des émotions profondes et des plaisirs spirituels dans nos contacts avec la nature. »
Perpétuellement animées, ces œuvres, que l’artiste a l’habitude de créer pour le grand air, ont été adaptées aux espaces intérieurs. Elles répondent aux différents flux d’air entrant et sortant, à la chaleur des lampes, aux mouvements des personnes dans un espace, aux souffles imperceptibles des lieux clos. Elles prouvent l’existence peu perceptible d’une quantité significative d’énergie dans les espaces fermées.
Les dessins de Shingu sont des études préparatoires très élaborées sur le mouvement. Pour cela, il faut tenir compte de la dynamique de l’eau et de l’air, ainsi que des autres forces et flux constitutifs de la nature, à commencer par la gravité. Ces dessins scientifiques sont le travail préalable à la confection de maquettes avant la réalisation de la sculpture. De l’œuvre sur papier à la conception finale de l’œuvre, tout est scientifiquement étudié par Shingu. Pour qu’il n’y ait rien de superflu, seulement l’essentiel.

« Susumu Shingu, Sculptures du Respir », galerie Jeanne Bucher, 53, rue de Seine, Paris VIe, tél. 01 44 41 69 65, www.jeanne-bucher.com, jusqu’au 1er juillet.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°581 du 1 juin 2006, avec le titre suivant : Susumu Shingu

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