Mercredi 21 novembre 2018

Sélest’art 2003, la mémoire vive

L'ŒIL

Le 1 octobre 2003 - 360 mots

Manifestation créée en 1983, au début de la constitution du Frac Alsace, Sélest’art est devenue véritablement une biennale en 1993. D’abord constituée d’un ensemble d’artistes retenus par un jury de spécialistes, elle prend aujourd’hui davantage l’allure d’une exposition, dont le commissariat a été confié cette année à notre collaborateur Philippe Piguet. Cette quinzième édition investit plusieurs lieux, bâtiments – le Frac Alsace, la médiathèque, la chapelle Saint-Quirin… – et espaces extérieurs – cour des Prélats, façades, jardins, panneaux d’affichage, vitrines de magasins… –, dans une volonté d’intégrer et de faire vivre l’art contemporain au cœur de la ville. « Trace, archive, mémoire », le thème retenu cette année, renvoie à l’écrit et à l’image, qui demeurent, quel que soit le médium utilisé par les artistes (dessin, peinture, vidéo, photographie…), les principaux modes de communication. Une manifestation placée sous le signe de la parole, des mots, du texte, sous toutes leurs formes. La Bibliothèque humaniste de Sélestat, au cœur du projet, est à ce titre un lieu emblématique. Mais penser une exposition autour de la mémoire, collective ou personnelle, ne signifie pas pour autant se tourner uniquement vers le passé. Les propositions d’artistes comme Joan Fontcuberta, Peter Wüthrich, Françoise Pétrovitch, Patrick Corillon ou Isabelle Lévénez, présente avec une installation vidéo et des écritures à la Porte de Strasbourg, en donnent la preuve. Philippe Gronon continue son exploration de la mémoire, du savoir de la pensée, dans un travail photographique où l’objet – en tant que tel et par sa trace, son empreinte – tient une place fondamentale. On retiendra aussi le travail de Véronique Aubouy, une installation vidéo autour de l’œuvre de Proust qui fait intervenir des gens qui lui sont proches ou des inconnus rencontrés au hasard, qui offrent devant la caméra leur propre lecture d’À la recherche du temps perdu. C’est pour l’artiste un travail sur la durée, « un engagement pour la vie » (plus de quatre cents personnes ont déjà lu devant elle), au départ une succession de portraits qui, finalement, pourrait être l’esquisse d’un autoportrait toujours inachevé.

« Sélest’art 2003, trace, archive, mémoire », SÉLESTAT (67), divers lieux, tél. 03 88 58 85 75, 21 sept.-26 oct.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°551 du 1 octobre 2003, avec le titre suivant : Sélest’art 2003, la mémoire vive

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