New York

Rétrospective Cy Twombly

De l’Action painting aux néo-platoniciens

Par Roger Bevan · Le Journal des Arts

Le 3 mai 2010

Le Musée d’art moderne propose une grande rétrospective de l’œuvre de Cy Twombly, qui sait associer les leçons de la peinture gestuelle américaine à l’héritage des peintres européens, en particulier des maîtres de la Renaissance, dont il reprend certains thèmes.

NEW YORK - Grâce à cette exposition, présentée dans trois villes des États-Unis, le grand public américain va découvrir Cy Twombly, l’une des personnalités les plus marquantes de sa génération. Kirk Varnedoe, conservateur en chef du département des peintures et sculptures du MoMA, a choisi 46 toiles, 40 œuvres sur papier et 10 sculptures pour illustrer les étapes d’une carrière déjà riche.

Twombly est l’un des peintres les plus célèbres de l’art contemporain. À New York, en 1990, l’une des toiles grises sans titre de l’artiste, datée de 1971, avait été acquise par un marchand japonais pour un prix record de 5 millions de dollars (27 millions de francs). Ses gestes-graffiti ont retenu l’attention de tous ceux qui s’intéressent à la place de l’écriture dans la peinture, tels que Michel Butor et surtout Roland Barthes. L’Europe a salué l’originalité de Twombly par une exposition, conçue en 1987 par Harald Szeemann du Kunsthaus de Zürich, qui a circulée à Madrid, Düsseldorf, à la Whitechapel Art Gallery de Londres et au Musée national d’art moderne de Paris.
 
Les historiens de l’art ont souligné l’importance de l’héritage culturel du peintre américain. Dès 1947, à la Boston Museum School, Twombly découvre l’Expressionnisme allemand, le courant Dada et des peintres comme Dubuffet ou de Schwitters, dont il n’oubliera ni les graphismes, ni l’utilisation des chiffres ou celle de la poésie. Pour Harald Szeemann, chez Twombly, "les chiffres s’érigent en dates, les mots en lignes sensibles, les lignes en sons, les sons en tensions, le blanc en dissolution".

La rupture de Rome
L’année 1957 marque une rupture ; Cy Twombly décide de s’installer définitivement à Rome. Cette décision a été qualifiée de dramatique, et même de désespérée, par Nicholas Serota, directeur de la Tate Gallery, quand il a présenté aux Anglais l’œuvre de Twombly lors de l’exposition à la Whitechapel Art Gallery, en 1987. Toutefois, les historiens de l’art ont pu mesurer l’excellent accueil qu’on lui réservait en Europe et la confiance que lui manifestait Leo Castelli, l’un des plus grands galeristes new-yorkais. En Grande-Bretagne, des collectionneurs réputés comme Erich Marx ou Charles Saatchi ont été sensibles à sa relecture des thèmes de la mythologie antique, qui hantaient l’esprit des grands peintres de la Renaissance italienne.

Homère, Virgile, Tacite
Pour Twombly, le choix de Rome ne s’est pas effectué au hasard, et c’est ce que reflète la sélection opérée par Kirk Varnedoe pour l’exposition du MoMA. Elle souligne le traitement remarquable de sujets tirés d’Homère, Virgile, Horace et Tacite, de personnages mythiques ou historiques qui ont inspiré des œuvres à Botticelli ou Raphaël (L’école d’Athènes), et aux successeurs de ce dernier, peintres et graveurs de Rome comme Jules Romain et Marc-Antoine Raimondi.

Kirk Varnedoe a rassemblé The first part of the return from Parnassus (1961), Empire of Flora (1961), School of Athens (1961), Triumph of Galatea (1961), Leda and the Swan (1962) et Hero and Leander (triptyque, 1981-1984).

Au Texas, la collection Menil accueillera l’exposition du MoMA, et exposera de façon permanente les œuvres de Twombly qui appartiennent à son fonds, dans un nouvel édifice créé par Renzo Piano, dès février 1995.

Le Dia Center for the Arts, à New York, inclura Twombly parmi les douze artistes de ses collections présentés de façon permanente. Un nouveau local d’exposition, situé en face du centre actuel, au nord de la West 22nd Street, sera inauguré au printemps 1996.

\"Cy Twombly\"

New York, MoMA, 25 septembre-10 janvier 1995. Houston, Collection Ménil, 7 février-19 mars 1995. Los Angeles, Musée d’art contemporain, 9 avril-25 juin 1995. Berlin, Neue Nationalgalerie, 1er septembre-19 novembre 1995.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°7 du 1 octobre 1994, avec le titre suivant : Rétrospective Cy Twombly

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