Lundi 17 décembre 2018

Prud’hon, puis La Tour, une rentrée à l’ancienne

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 12 septembre 1997 - 361 mots

Deux expositions phares scellent la rentrée au Grand Palais, à Paris. La première, dès le 27 septembre, va faire découvrir un peintre atypique et dessinateur fécond largement méconnu, Pierre-Paul Prud’hon (1758-1823). La seconde, à partir du 3 octobre, consacrera Georges de La Tour, dont l’œuvre est reconnue aujourd’hui comme l’une des plus importantes de la peinture française du XVIIe siècle.

PARIS. Près de deux cents œuvres vont offrir la grande rétrospective Prud’hon que l’artiste attendait. Accrochée sobrement selon deux axes, chronologique et thématique, elle permettra notamment de découvrir L’Union de l’Amour et de l’Amitié (Minneapolis Institute of Art), présenté à Paris pour la première fois depuis le Salon de 1793, et de revoir dans un contexte très éclairant des tableaux majeurs du Louvre comme La Sagesse et la Vérité descendant sur terre, La Justice et la Vengeance divine poursuivant le crime ou Psyché enlevée par les zéphyrs. Mais au-delà des 59 peintures, le visiteur devrait être surtout sensible aux dessins, dont 133 sont présentés. La pureté du trait, participant de la rigueur néoclassique, s’y associe à l’étude très attentive d’un clair-obscur léonardien où, par l’estompe, Prud’hon retrouve quelque chose du mystère du maître lombard qui lui était si cher. Éphèbes et nymphes lascives ont été le support des académies d’un dessinateur qui entretenait une relation particulière avec la sculpture depuis sa rencontre avec Canova, lors de son séjour à Rome de 1784 à 1789.

Difficile chronologie
L’exposition La Tour, sur laquelle nous reviendrons plus longuement dans notre prochain numéro, réunira la quasi-totalité des œuvres attribuées aujourd’hui à l’artiste. On verra La Tour aller d’un réalisme sans concessions, parfois presque brutal, à une stylisation qui confine à l’abstraction. Ne manquera que le Saint Jérôme lisant, de la collection de la reine d’Angleterre. La monographie est complétée par des œuvres d’atelier, des gravures en rapport avec des tableaux du maître et des copies anciennes de certaines des œuvres perdues. De La Tour, seule une partie de l’œuvre nous est connue. Sa vie reste un mystère. On ne connaît aucun témoignage sur lui, aucune biographie, aucun portrait, et la chronologie de ses œuvres reste très difficile à établir : trois d’entre elles seulement sont datées.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°43 du 12 septembre 1997, avec le titre suivant : Prud’hon, puis La Tour, une rentrée à l’ancienne

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