Mardi 11 décembre 2018

Art moderne

Dôle (39)

Pointelin consacré en ses terres

Musée des beaux-arts - Jusqu’au 11 novembre 2018

Par Isabelle Manca · L'ŒIL

Le 29 août 2018 - 326 mots

À quelques mètres du Musée de Dôle serpente la rue Pointelin. La plaque indiquant le nom de la chaussée informe le passant qu’Auguste Pointelin fut un « illustre peintre jurassien ».

Illustre, l’artiste le fut assurément, car il participa annuellement à l’incontournable Salon, de 1874 à son décès en 1933. Primées à de multiples reprises, ses œuvres furent régulièrement achetées par l’État, tant pour le Musée des artistes vivants que pour alimenter les envois en région. Sa carrière, placée sous de bons auspices, reçut par ailleurs de précieux coups de pouce de deux personnalités de premier plan originaires, elles aussi, du Jura : Louis Pasteur et le président de la République, Jules Grévy. Sa production étant généreusement représentée dans les musées de sa région natale, son œuvre demeure encore bien connue du public local. Revers de la médaille, cette renommée est aujourd’hui circonscrite aux frontières de la Franche-Comté. L’ambition de l’ample rétrospective que lui consacrent conjointement trois musées du cru – Dôle, Arbois et Pontarlier – est justement de rendre au paysagiste sa stature nationale. Pour ce faire, la manifestation a rassemblé plus de deux cents œuvres dont une part conséquente issue d’importantes collections publiques françaises et en mains privées. Locomotive de cette véritable saison Pointelin, l’exposition d’envergure organisée à Dôle raconte l’étonnante trajectoire de cet artiste monomaniaque ayant peint quasi exclusivement les plateaux et les combes de son territoire avec un acharnement confondant. Héritier de l’école de Barbizon, Pointelin conçoit d’abord des paysages assez convenus, avant de s’engager dans une entreprise de simplification formelle, de plus en plus radicale. De manière obsessionnelle et sérielle, il décline invariablement un motif similaire, un paysage se réduisant in fineà deux bandes colorées parallèles. Flirtant avec l’abstraction dès la fin du XIXe siècle, il lègue à la postérité une œuvre fleuve notamment influencée par le spiritisme. L’accrochage ménageant d’efficaces effets d’accumulation traduit parfaitement la prolixité de cet artiste, plus inventif et moderne que ne le laisse penser son étiquette d’irréductible salonnard.

« La clarté intime de la terre. Auguste Pointelin »,
Musée des beaux-arts de Dôle, 85, rue des Arènes, Dôle (39), www.sortiradole.fr

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°715 du 1 septembre 2018, avec le titre suivant : Pointelin consacré en ses terres

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