Dimanche 18 février 2018

ouverture

Nouveau souffle en Belgique

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 11 janvier 2008

Le nom de Grand-Hornu devrait surtout être familier aux amateurs de Christian Boltanski.
En 1997, il réalise Les registres du Grand-Hornu, impressionnant empilement de 5 000 boîtes à biscuits dont chacune est « attribuée » à un homme. Leurs noms et leurs photos figurent sur ses boîtes à souvenirs. Les images sont anciennes. L’étroitesse du passage frayé dans cet alignement angoissant d’identités anonymes confirme l’impression d’un mémorial, non pas celui d’une guerre mais de vies dédiées à la société minière du Grand-Hornu, nichée en Belgique à égale distance des Pays-Bas, de l’Allemagne et de la France.
Fondée en 1783, la compagnie du Grand-Hornu rêvait d’un ensemble où la mine s’intégrerait aux logements des ouvriers comme à ceux des patrons, mais aussi à des infrastructures sociales et techniques. Seule une partie du projet put être construit entre 1810 et 1830, des bâtiments de style néoclassiques sauvés d’une démolition promise en 1969.
Mais plutôt que d’accueillir un musée à la gloire de l’industrie minière, ce lieu de mémoire s’est trouvé un second souffle grâce aux arts contemporains, et à une collection sensible, faite d’œuvres de mémoires. Déjà riche du « registre » de Boltanski, le Hornu s’est doté d’œuvres d’Art & Language, Michel François, Gregory Green, Sol LeWitt, Panamarenko ou encore de Jose Maria Sicilia avec une volonté claire : ne pas rester figée.
Des expositions thématiques feront vivre cette collection internationale car « le musée ne saurait être achevé... il se construit dans le regard de ses visiteurs ».
Pas étonnant alors que le site de 8 500 m2 ait choisi pour son exposition inaugurale, le thème de l’homme, et sur le monde, les constructions humaines. Laurent Busine, directeur de la nouvelle institution, a sélectionné pas moins de 22 artistes pour offrir au Grand-Hornu une renaissance, entre son histoire et celle de l’humanité, captée par Boltanski bien sûr, mais aussi Rineke Dijkstra, Maria Marshall, Seydou Keita, Ann-Veronica Janssens, Robert Mapplethorpe, René Magritte ou encore Andres Serrano. Mais c’est plus sûrement la photographie de classe des années 40 animée de sourires et de regards par le talentueux David Claerbout qui résume le mieux la volonté de cette nouvelle communauté : se souvenir sans nostalgie.

- HORNU, Musée des arts contemporains de la Communauté française de Belgique, 82, rue Sainte-Louise, tél. 0032 0 65 65 21 21, www.mac-s.be, 17 septembre-05 janvier.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°539 du 1 septembre 2002, avec le titre suivant : Nouveau souffle en Belgique

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