Mercredi 19 décembre 2018

Miquel Barceló

Par Manou Farine · L'ŒIL

Le 26 juillet 2007 - 319 mots

C’est en 1982, lors de la Documenta VII de Kassel, que Miquel Barceló fait son entrée sur la scène internationale. Il construit alors un travail gorgé de métaphores, de références aux aînés et goûte volontiers les combinaisons de matières organiques et picturales. Barceló a vingt-cinq ans et rencontre déjà Walter Dahn, Keith Harting, Beuys, Basquiat et… Yvon Lambert.
Pas loin d’un quart de siècle plus tard, devenu figure institutionnelle de la scène espagnole et poids lourd du marché, le voilà encore chez Lambert pour une nouvelle exposition personnelle. Entre-temps, les pratiques du Majorquin se sont renouvelées, mais les tableaux sont toujours « vivants d’une forme de vie ».
Qu’il amalgame cendres du Vésuve et pigments ramassés aux abords de Naples, qu’il mélange sa peinture au sable portugais ou aux sédiments fluviaux récoltés au Mali, les tableaux de Barceló absorbent matières, cultures et motifs rencontrés lors de ses nombreux voyages. Boue, insectes, poils, algues, c’est aussi l’histoire de ses environnements immédiats qui est pétrie sur la toile. À l’expérimentation de la matière s’ajoute celle du temps. Il n’est pas rare qu’il s’y invite littéralement : couches épaisses de peinture livrées aux caprices du ciel à ses débuts ou colonies de termites maliennes présentées à ses feuilles de papier.
La surface accroche, terreuse, mouvementée, libérant des sensations de motifs naturels zoomorphiques, végétaux ou marins, comme sculptés dans la matière. De sculptures justement, il en sera question dans l’exposition chez Lambert. Exécutées dès le début des années 1990, elles semblent d’abord comme arrachées aux toiles et poussées dans leurs volumes. Là encore Barceló incorpore, greffe, malaxe. Comme il le fit lors de son duo avec Josef Nadj à l’occasion du dernier Festival d’Avignon. Les deux hommes y livraient un combat exténuant avec des blocs graisseux d’argile, avant de plonger dans la surface du tableau.

« Miquel Barceló », Galerie Yvon Lambert, 108, rue Vieille-du-Temple, Paris IIIe, tél. 01 42 71 09 33, jusqu’au 26 mai 2007.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°591 du 1 mai 2007, avec le titre suivant : Miquel Barceló

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