Mercredi 12 décembre 2018

Nice (06)

Marc chagall, le noir lui va si bien

Musée national Marc Chagall jusqu’au 20 mai 2013

Par Lina Mistretta · L'ŒIL

Le 19 avril 2013 - 314 mots

Marc Chagall a traversé presque tout un siècle d’une vie pour le moins mouvementée, marquée par les tragédies de l’Histoire et par les événements de sa vie privée.

« D’une guerre l’autre », l’exposition qui participe aux manifestations du quarantième anniversaire du Musée Chagall, évoque sa carrière sur la période d’entre-deux-guerres, à travers une soixantaine de dessins, gouaches et collages. L’accent est mis sur le dessin, la part la plus intime de son œuvre, parce qu’elle est constituée de variations libres de formes, de figures ou de paysages. Ils racontent sa vie à Paris, puis son bonheur de retrouver son village natal de Vitebsk. Il dessine sa femme Bella, son père, des vues du shtetl aux maisons de bois et les personnages typiques du peuple russe : paysans, musiciens, Juifs errants et rabbins fixés dans des attitudes remarquablement expressives par un trait d’encre à la fois synthétique et léger. Durant son exil, ces séries de Têtes de vieillards ou ce Violoniste et l’enfant – deux pures merveilles – seront entre autres, le support des thèmes récurrents qui perdureront dans son travail.

À partir des années 1930, ses esquisses donnent un aperçu du travail préparatoire de ses grands tableaux, souvent étayées par des dessins au crayon ou à l’encre, notamment l’esquisse très forte de Dimanche ou les Contes des mille et une nuits, d’une veine très matissienne. Plusieurs de ces toiles furent transformées, dont Les Arlequins au départ que Chagall coupa en deux à la mort de sa femme. À la même période, il produit une série de dessins superbes pour les œuvres complètes du poète Abraham Walt, dit Liessin, proches de ceux de la Bible commandés par l’éditeur Vollard.
Ces admirables petits chefs-d’œuvre démontrent à l’évidence que le dessin permet à Chagall de se rapprocher au plus près de sa sensibilité créatrice et que son travail n’est jamais aussi fort qu’en noir et blanc.

« Chagall, d’une guerre l’autre », Musée national Marc Chagall, avenue du Docteur-Ménard, Nice (06), www.musee-chagall.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°657 du 1 mai 2013, avec le titre suivant : Marc chagall, le noir lui va si bien

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