Samedi 24 février 2018

Madrid sous le signe de Vénus

Le musée Thyssen montre le XVIIIe vénitien, du côté féminin

Le Journal des Arts

Le 14 septembre 2009

Considérant que la peinture vénitienne du XVIIIe siècle avait déjà fait l’objet de nombreuses expositions, le Musée Thyssen-Bornemisza a choisi un angle original pour aborder à nouveau cette période. L’image de la femme, qui investit la peinture d’histoire, le portrait ou les scènes de genre, offre un thème transversal commode pour appréhender le génie de l’époque.

MADRID. Cette exposition, qui ne sera présentée qu’à Madrid, illustre en 79 œuvres la variété de l’iconographie féminine, et certains tableaux n’ont encore jamais été vus du public. Autour des Trois Grâces d’Antonio Canova, les plus grands peintres vénitiens voisinent sur les cimaises : Francesco et Antonio Guardi, Pietro Longhi, Canaletto, Giambattista et Gian­domenico Tiepolo, Rosalba Car­riera, Jacopo Amiconi, Giam­battista Piazzetta... Si l’image de la femme est bien évidemment le sujet principal du “Triomphe de Vénus”, les tableaux témoignent d’une variété thématique qui nous aide à reconstruire toute une société. Le raffinement et l’élégance alternent avec le naturalisme de scènes domestiques ou paysannes, avec des fragments de la vie quotidienne. Se distinguent dans cette veine quelques huiles de Longhi, Domenico Tiepolo, et surtout Giacomo Ceruti. Ce dernier s’éloigne en effet des normes de la peinture de mœurs pour développer sa propre manière qui confère une dignité aux personnages les moins favorisés de la société. Rosalba Carriera ne saurait être réduite à sa qualité de femme-artiste ; elle joue un rôle clé dans la popularisation du style rococo et révolutionne l’usage du pastel. À cette époque, le dessin jouit d’une meilleure considération et le portrait connaît un succès grandissant. Le nu féminin prolifère sans pour autant se départir de son caractère décoratif traditionnel, la présence des femmes dans la sphère culturelle n’affectant en rien leur condition d’objet plutôt que de sujet de la représentation. En fin de compte, Vénus n’a pas su triompher au-delà du cadre.

LE TRIOMPHE DE VÉNUS : IMAGES DE LA FEMME DANS LA PEINTURE VÉNITIENNE DU XVIIIe SIÈCLE, jusqu’au 22 février, Musée Thyssen-Bornemisza, Palacio de Villahermosa, Madrid, tél. 34 1 369 01 51, tlj sauf lundi 10h-19h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°49 du 5 décembre 1997, avec le titre suivant : Madrid sous le signe de Vénus

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