Bonn

L’œil curieux

Promenade à travers trois siècles de curiosités

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 14 avril 2010

Collectionner, classer, ordonner et réunir avec amour les objets de sa passion en un lieu précis, selon des critères bien établis, est un concept qui préside à l’institution du musée d’abord privé, puis public à partir du XIXe siècle. Mais cette passion des collections remonte aux studioli, \"cabinets de curiosité\" et autres \"Wunderkammer\" de la Renaissance, où les princes, les humanistes et les hommes de science rassemblaient objets naturels exotiques ou précieux, plantes et fossiles, pierres rares, etc.

BONN - Sur ce thème, la Kunst-und-Ausstellungshalle de Bonn présente "Les Wunderkammer en Occident. Musées et collections dans le miroir du temps". À travers 1 800 objets provenant du Musée national danois de Copenhague, mais aussi d’une quarantaine de musées et collections privées, on y retrace l’histoire des collections et des collectionneurs, qui est en même temps une histoire des idées et des sciences dans l’Europe moderne.

Divisée en quatre parties, l’exposition fait se succéder quatre "visions" du monde – chacune d’elles étant appelée un "œil" – du XVIIe siècle à 1930. La première section, "L’œil curieux", est illustrée par des éléments du Museum Wormianum (première moitié du XVIIe siècle) et du Kunstschrank de Gustave Adolphe II de Suède. Après 1650 et jusqu’en 1800, "l’œil" se fait réfléchissant ; cette deuxième section présente un cabinet de sciences naturelles de 1750, fondé sur la classification de Linné, et le premier exemplaire du Theatrum œconomico-mechanicum d’Europe.

Une vision contemporaine
La troisième section, "L’œil panoramique", étudie la vision que le XIXe siècle a eue des cultures extra-européennes. Le dernier "œil" – "surréaliste", forcément – présente des exemples du Dictionnaire délirant publié par fragments dans la revue Documents, dirigée entre autres par Georges Bataille, en 1929-1930. En marge des quatre sections, l’œil contemporain du Danois Mikæl Thejll présente un "théâtre anatomique" et un "théâtre de la mémoire", et Morton Skriver une installation vidéo, à côté d’une galerie de tableaux historiques illustrant le concept d’exposition.

\"Les Wunderkammer en Occident. Musées et collections dans le miroir du temps\", Kunst-und-Ausstellungshalle de Bonn, jusqu’au 26 février 1995.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°9 du 1 décembre 1994, avec le titre suivant : L’œil curieux

Tous les articles dans Expositions

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque