Vendredi 14 décembre 2018

L’étoffe du jardin miniature

Par Bénédicte Ramade · L'ŒIL

Le 1 avril 2006 - 340 mots

Jardins réduits : c’ est la thématique du concours international auquel ont répondu, à Angers, pas moins de cinq cent quatre-vingt-un candidats, âgés de vingt et un à quatre-vingt-dix-huit ans.
Depuis 1993, la ville d’Angers retrouve tous les trois ans la création textile de pointe, concourant sur des thématiques particulières, à concevoir des expériences à partir du fil et l’idée de fil. Ainsi, après « Apocalypses » en 1993, « Cœur d’amour épris », « De l’imaginaire au virtuel » en 1996, « Un pas dans la lune » en 1999 et « Ordre ou chaos : la frontière ? », la Triennale expose quelque soixante-dix mini-mondes, mini-paradis textiles.
Ne devant pas dépasser 12 x 12 cm, certains petits carrés sont de véritables morceaux de bravoure technique, brodés, collés, en laine ou en matières synthétiques. La sélection est étonnante, tantôt technologique ou dramatiquement naïve, l’homogénéité venant de la fragilité de ces morceaux d’espace.
Le Japon est l’invité de cette édition. Le thème des jardins réduits aurait pu inspirer les représentants de cette culture détentrice des secrets de coupes des bonsaïs et de l’art délicat de l’ikebana, compositions florales au raffinement extrême. Mais les quelque trente créateurs nippons se sont confrontés aux formes en expansion à partir de l’exercice imposé du shibori, une technique spécifique alliant teinture et pliages admirée dans le monde entier. Et les petits exercices d’adresse abstraits inspireront à n’en pas douter bien des designers recherchant de nouvelles applications pour le textile tant les résultats sont étonnants.
Angers offre donc une pléthore d’expressions au terme « mini-textile », développées par sujets de prédilection : jardins secrets, conceptuels ou abstraits et, bien sûr, des fleurs en parterres.
Certains de ces jardins rejoindront la petite (forcément) collection de quelque soixante-dix pièces constituée depuis la première édition de 1993. Mais avant cela, ces jardins réduits partiront en goguette, de la Suisse au Canada, un savoir-faire tout en mouvement.

« VIIIe Triennale internationale des ­mini-textiles », musée Jean Lurçat et de la ­tapisserie contemporaine d’Angers, 4, bd Arago, Angers (49), jusqu’au 14 mai.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°579 du 1 avril 2006, avec le titre suivant : L’étoffe du jardin miniature

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