Dimanche 17 novembre 2019

Paris-7e

L’estampe aux quatre vents

Institut néerlandais Jusqu’au 15 décembre 2013

Par Bertrand Dumas · L'ŒIL

Le 17 octobre 2013 - 301 mots

Bienvenue Aux Quatre Vents, maison d’édition fondée à Anvers par Hieronymus Cock, en 1548. En poussant la porte de cette échoppe, l’amateur d’estampes ne pouvait être que subjugué par les milliers d’images à sa disposition.

On y trouvait des cartes géographiques, des relevés archéologiques, des planches d’architectes, des images pieuses ou mythologiques, des paysages ou des marines, etc. Le catalogue de l’éditeur était sans égal en Europe du Nord, et sa consultation offrait alors un condensé du monde vu par les meilleurs artistes de la Renaissance. C’est à cette expérience « hors du commun » que nous convie l’Institut néerlandais en regroupant plus de cent cinquante gravures éditées par Cock, le plus ambitieux et novateur des éditeurs de son temps. 
Sa contribution majeure est d’avoir porté à la connaissance de sa clientèle les vestiges de l’Antiquité en publiant des vues de ruines et les premières reconstitutions archéologiques de monuments romains à l’image de la série d’estampes consacrées aux thermes de Dioclétien qu’il publie en 1558. Les humanistes qui l’entourent rédigent les vers latins de ses gravures sur l’Antique qui est la principale source d’inspiration de la Renaissance. Cette dernière s’incarne aussi dans les chefs-d’œuvre de Raphaël que Hieronymus Cock fait connaître aux artistes du Nord par l’intermédiaire de Giorgio Ghisi, graveur italien, venu à Anvers à la demande expresse de l’éditeur flamand.
Le tandem reproduit et diffuse les compositions des grands maîtres italiens, de Jules Romain à Primatice, qui serviront à leur tour de modèles aux jeunes graveurs anversois tels que Cornelis Cort et Philips Galle. Du laboratoire des Quatre Vents sortirent d’innombrables images qui permirent aux artistes néerlandais de se mesurer à leurs confrères italiens. Cette confrontation participa à l’affirmation d’un génie flamand qu’incarnent les Sept Péchés capitaux de Bruegel, qui demeure le plus beau succès éditorial de Hieronymus Cock. 

« Hieronymus Cock, la gravure à la Renaissance »,

Institut néerlandais, 121, rue de Lille, Paris-7e, www.institutneerlandais.com

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°662 du 1 novembre 2013, avec le titre suivant : L’estampe aux quatre vents

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