Mercredi 18 septembre 2019

Musée Van Gogh d’Amsterdam

Les panneaux décoratifs de Puvis de Chavannes

Jusqu’au 29 juin, 130 œuvres du précurseur du symbolisme sont présentées dans le musée de l’un de ses plus grands admirateurs.

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 1 mai 1994 - 499 mots

Dix-huit ans après la rétrospective du Grand Palais, à Paris, le Musée Van Gogh propose, jusqu’au 29 mai, de redécouvrir l’œuvre de Puvis de Chavannes (1824-1898).

AMSTERDAM - Aimée Brown Price, commissaire de l’exposition, a choisi 130 œuvres pour mettre en évidence à la fois l’influence décisive de Puvis de Chavannes sur le symbolisme naissant et l’attrait qu’il a exercé sur les jeunes peintres jusqu’au tournant du siècle. C’est ce recours aux archétypes pour transposer le sujet de façon allégorique, qui fait de Puvis un fresquiste moderne.

L’importante sélection de dessins effectuée pour cette exposition présente l’envers du décor d’une production publique par excellence, et révèle l’aisance avec laquelle le peintre, dans la lignée d’Ingres, a su intégrer les formes des primitifs et celles des œuvres de la Renaissance italienne. Cette démarche est sensible dans l’étude raphaélite de la Maternité , 1887, (Musée Dupuis, Toulouse), dans une Tête de femme de trois quarts, 1894-95, Petit Palais), ainsi que dans un dessin préparatoire à l’Ave Picardia Nutrix, du Musée d’Amiens.

Les grandes fresques, dont celle du Bois sacré, exécutée pour le Musée de Lyon, et l’Été, peinte pour l’Hôtel de Ville, sont évoquées par des versions en petit format. La reconstitution de l’ensemble du Panthéon, peint entre 1874 et 1898, s’accompagne de prêts de Pasadena, de la Vie pastorale de sainte Geneviève de la Norton Simon Foundation et d’une étude du Musée Van Gogh.

Pour évoquer le Pauvre Pêcheur, tableau-clé de 1881 conservé au Musée d’Orsay, on en verra une version partielle, provenant du Musée de Tokyo. Dans le catalogue, Mme Brown Price analyse la genèse et l’influence de l’œuvre, de l’Angélus de Millet à la Tragédie de la période bleue de Picasso, en passant par l’Hommage à Pierre Puvis de Chavannes, de Georges Seurat.

Influences
Plusieurs œuvres présentées en annexe montrent également l’intérêt qu’a suscité le peintre chez Gauguin, dont on verra le vase dit "de Cléopâtre", modelé en 1887, les Tahitiennes sur la plage, de 1892, prêtées par le Metropolitan de New York, et la Nature morte à l’Espérance. Quant à Van Gogh, dans une lettre de juin 1890, il décrit ainsi Inter artes et naturam à sa sœur Wilhelmina : "Il y a de Puvis de Chavannes à l’exposition un tableau superbe. Les personnages sont vêtus de couleurs claires et on ne sait pas si c’est des costumes de maintenant ou bien des vêtements de l’antiquité. L’une des figures sera bleu myosotis, une autre citron clair, une autre rose tendre, une autre blanche, une autre violette. Toute l’humanité, toute la nature simplifiée, mais comme elle pourrait l’être si elle ne l’est pas."

La section comporte aussi le Nu au bouquet de violettes de Maurice Denis (1894), une étude pour Luxe, calme et volupté, de Matisse, le Picnic de Maurice Prendergast (1915) et des Baigneuses de Picasso (1918, Musée Picasso). Tous ont en commun l’archétype du corps féminin, dont Puvis a pris l’exemple chez les Florentins.

Amsterdam, Rijksmuseum Van Gogh. Pierre Puvis de Chavannes, 1824-1898, jusqu’au 29 mai 1994.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°3 du 1 mai 1994, avec le titre suivant : Les panneaux décoratifs de Puvis de Chavannes

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