Mercredi 17 octobre 2018

Les fastes de la Sérénissime

Par Marie Maertens · L'ŒIL

Le 1 janvier 2006 - 427 mots

Chatoiement des couleurs, richesse des tissus, volupté des femmes..., le musée des Beaux-Arts de Bordeaux entraîne le
visiteur au cœur de la Venise du XVIe siècle.

La Venise du Cinquecento évoque faste et splendeur. Scènes mythologiques, bibliques, peintures d’histoire, allégories ou portraits content la somptuosité des décors et la beauté opulente des femmes, à l’aide d’une peinture chromatiquement très riche. Artistes et critiques ont d’ailleurs longtemps reproché à la Sérénissime de s’adresser plus aux sens qu’à l’esprit, à l’inverse de Florence l’intellectuelle.
Le colorito (coloris) vénitien s’opposait au disegno (dessin) florentin. Déjà Vasari, le premier historien d’art, affirmait la préséance de la maîtrise conceptuelle du dessin florentin. L’opinion que la couleur s’avère moins noble perdure jusqu’au xviiie siècle. Ce sont finalement les romantiques qui vont ressusciter la magie de Venise. Ils seront sensibles aux contours flous, à la douceur des modelés, aux effets de textures et également à une nouvelle conception de la lumière.

L’importance de la lumière
La révolution luministe est initiée par Bellini qui, dès 1480-1490, enveloppe ses personnages d’un éclairage chaud et doré les unifiant au paysage. Une fusion qui sera reprise et amplifiée par Giorgione, chez qui la lumière agence la toile. Employant des ciels orageux qui deviendront un modèle pour ses suiveurs, il dépeint des panoramas dans lesquels sont incérés des personnages à l’allure méditative, bercés dans une rêverie voluptueuse.

L’âge d’or de la couleur
Titien fut l élève le plus accompli de Giorgione. Titien transfigura les protagonistes et les scènes de fable en une épopée chaleureuse, privilégiant la sensualité des corps qui semblent en totale harmonie avec la nature.
Tintoret et Véronèse, les deux plus grands décorateurs de l’époque, pourtant totalement opposés s’inscrivent dans cette veine luministe. Si le premier intensifie la charge dramatique et émotionnelle, le second se complaît dans une atmosphère froide et ordonnée au sein des décors somptueux qui plaisaient tant à la société mondaine.
Avec 70 peintures et 50 dessins, cette exposition témoigne de la magnificence vénitienne, bien au-delà des débats d’antan.

Autour de l’exposition

Informations pratiques L’exposition « Splendeur de Venise 1500-1600, peintures et dessins dans les collections publiques françaises » présente un ensemble de 70 peintures et 50 dessins et se tient jusqu’au 19 mars, tous les jours sauf le mardi de 11 h à 18 h. Elle sera présentée fin mars 2006 à Caen (14). Tarifs : 5 € et 2,50 € pour les expositions temporaires, les collections permanentes de tous les musées de Bordeaux sont gratuites depuis le 1er décembre 2005. Musée des Beaux-Arts, 20 cours d’Albret, Bordeaux (33), tél. 05 56 10 20 56.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°576 du 1 janvier 2006, avec le titre suivant : Les fastes de la Sérénissime

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