Jeudi 12 décembre 2019

Cateau-Cambrésis (59) - Musée départemental Matisse

Les dessins « imparfaits » d’henri Matisse

Jusqu’au 19 février 2012

Par Lina Mistretta · L'ŒIL

Le 20 décembre 2011 - 326 mots

Présentée dans le cadre du programme « Dessiner-tracer » l’exposition du Cateau-Cambrésis rassemble pour la première fois deux cents œuvres de Matisse dessinées au pinceau et à l’encre de Chine.

Les dessins de Matisse sont un langage nouveau dans l’art occidental. Ils revêtent, à partir de 1930, une place particulière dans sa recherche « d’économies de moyens ». En 1946, il décide d’ailleurs qu’il sera désormais son seul moyen d’expression artistique et se lance dans une série de portraits dont un Portrait de femme d’un de ses modèles favoris, Lydia Deletorskaya, considéré comme une œuvre fondatrice dans la réalisation d’un dessin avec les outils de la peinture.

En 1948, Matisse commence la réalisation de la chapelle du Rosaire de Vence, à laquelle il se consacre pendant plusieurs années. Il peint de grands dessins sur les murs, face aux vitraux, dans une confrontation du dessin et de la couleur. Telle une calligraphie, l’ornementation des murs est traitée en noir et blanc. Sur trois panneaux de céramique constitués de grands panneaux blancs émaillés de fins dessins au pinceau noir sont figurés le chemin de croix, la Vierge entourée de fleurs et un saint Dominique apparaissant dans les plis raides de son vêtement. La réalisation de la chapelle de Vence l’incitera à concevoir des dessins monumentaux : dessins d’acrobates formant des arabesques de corps en mouvement, portraits masqués inspirés des masques inuit à partir desquels il crée des visages épurés qui se mêlent parfois aux papiers découpés et gouachés. Il élabore sept dessins de platanes monumentaux, travail préparatoire du chef-d’œuvre sur céramique conçu pour la salle à manger de l’éditeur Tériade et conservé au Musée Matisse.

Dans son livre Thèmes et Variations, Aragon paraphrasait ainsi le travail du maître : « Chaque dessin est comme une phrase, il ne doit pas être inachevé… dans aucun dessin, il n’y a d’imperfection. »

Voir « Les dessins au pinceau de Matisse »

Musée départemental Matisse, place du Commandant-Richez, Le Cateau-Cambrésis (59), http://museematisse.cg59.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°642 du 1 janvier 2012, avec le titre suivant : Les dessins « imparfaits » d’henri Matisse

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