Samedi 14 décembre 2019

Paris-8e

L’éden parisien des Hollandais

Petit Palais - Jusqu’au 13 mai 2018

Par Isabelle Manca · L'ŒIL

Le 26 mars 2018 - 337 mots

L’adage veut que toutes les routes mènent à Rome. Au XIXe siècle, elles menaient plutôt à Paris.

Centre névralgique de la création contemporaine et plaque tournante du marché de l’art, la Ville Lumière attirait ainsi des artistes de toutes les nationalités. Notamment les Hollandais, qui furent plus d’un millier à y séjourner entre la Révolution et 1914. Pour nombre d’entre eux, ce voyage eut un impact décisif sur leur manière de peindre ou leur carrière, notamment leur reconnaissance grâce au Salon. Si l’influence de la capitale sur l’évolution picturale de Van Gogh est bien connue, l’importance du séjour parisien pour quantité de ses compatriotes demeure confidentielle. Ce sont ces destins que retrace le Petit Palais, en collaboration avec le Musée Van Gogh d’Amsterdam, qui avait accueilli la première étape de cette manifestation en 2017. Le parti pris des deux présentations diffère tant par la scénographie que par le choix des œuvres. Le principe des affinités artistiques est par exemple plus développé à Paris. Un positionnement qui s’explique par la taille de l’établissement parisien, mais aussi par la possibilité d’emprunter plus facilement des œuvres à ses compatriotes. L’exemple le plus frappant est la dernière séquence dédiée à Mondrian. Les œuvres du Batave, choisies avec une grande justesse, sont ainsi intelligemment présentées à côté de Braque et de Picasso, deux artistes dont la découverte a été cruciale dans la révolution abstraite de Mondrian. La scénographie de cette salle, type « white cube », tranche radicalement avec le reste du parcours. En effet, chacun des espaces monographiques possède une couleur et une ambiance spécifique, avec plus ou moins de réussite. Si la salle consacrée à Van Spaendonck avec sa verrière évoquant les serres où il dessinait est une belle idée de scénographie, les cimaises bleu piscine où sont accrochés Jongkind et ses amis impressionnistes ne sont pas du meilleur goût. Ni les murs façon terre battue de Breitner qui ne mettent guère à son avantage un artiste déjà peu séduisant.
 

« Les Hollandais à Paris, 1789-1914 »,
Petit Palais, avenue Winston-Churchill, Paris-8e, www.petitpalais.paris.fr

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°711 du 1 avril 2018, avec le titre suivant : L’éden parisien des Hollandais

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