Samedi 15 décembre 2018

A la découverte des arts islamiques

Par Laure Meyer · L'ŒIL

Le 2 novembre 2007 - 340 mots

Une sensibilité artistique nouvelle s’est fait jour en Europe à la fin du XIXe siècle. La conscience esthétique, ­jusque-là dominée par la culture antique, a commencé à percevoir la beauté des arts islamiques et de ses décors non figuratifs. C’est bien sous ce titre, « Purs décors ? », qu’est présenté au musée des Arts décoratifs un vaste panorama des chefs-d’œuvre créés en terre d’islam, afin de prouver l’importance de cette découverte. Pendant des siècles, les historiens de l’art sont restés (volontairement ?) aveugles face à cette esthétique. Il a fallu, entre 1880 et 1912, toute l’obstination d’un groupe d’amateurs passionnés pour mettre en évidence, dans ces surfaces qui ne représentaient rien, le sentiment de vie né de lignes fouettant le bleu profond des céramiques.
Comment ne pas s’émerveiller devant ce monde de richesses enfin révélées ?
À Paris, autour de 1900, chaque pays, de l’Espagne médiévale à l’Inde moghole du XVIIe siècle, apparaissait avec sa propre version des arts islamiques, chacun ayant eu son heure de gloire dans un domaine. On était fasciné par le verre émaillé et doré d’Egypte. On s’enthousiasmait à la vue des panneaux de carreaux de revêtements syriens, des céramiques d’Iznik et du luxe de la ­Turquie. On admirait les somptueux tapis et les taffetas brochés fabriqués en Iran. Mais l’importance des décors non figuratifs n’empêchait pas d’apprécier les remarquables miniatures de l’école de Hérat ou de l’Inde moghole, qui déroutaient par leurs perspectives particulières tout en séduisant avec de surprenantes scènes de vie.
La découverte de ces œuvres ne pouvait manquer d’influencer la création contemporaine occidentale. On imite d’abord, puis on crée. Dès 1863, ­Théodore Deck réalise un bassin en faïence décoré d’un texte arabe, Émile Gallé, en 1884-1888, un plateau en verre gravé émaillé, dont les rehauts d’or font surgir un cavalier oriental. Pour la mode, Paul Poiret lui-même lance en 1924 la robe La Source, aux motifs floraux brodés de soie et d’or.

« Purs décors”Š? Chefs-d’œuvre de l’Islam », musée des Arts décoratifs, 107, rue de Rivoli, Paris Ier, tél. 01 44 55 57 50, jusqu’au 13 janvier 2008.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°596 du 1 novembre 2007, avec le titre suivant : A la découverte des arts islamiques

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