New York

Joseph Stella au Whitney Museum

Une rétrospective longtemps attendue

Le Journal des Arts

Le 7 juin 2010

Le Whitney Museum consacre une rétrospective à Joseph Stella jusqu’au 18 septembre. Cette manifestation offre l’occasion d’étudier la cote de l’artiste, qui a atteint 2 millions de dollars
(1 180 000 francs) pour sa toile Tree of My Life.

New York - En dépit d’une longue carrière, Joseph Stella (1877-1946) n’a exécuté qu’un petit nombre de grandes toiles de qualité. La plupart se trouvent dans des collections publiques : Musée de Newark, Université de Yale, Musée Hirshhorn et l’Association pour l’éducation de l’État d’Iowa, à Des Moines, où son tableau Tree of My Life est exposé.

Le galeriste new-yorkais Richard York, qui a organisé jusqu’au 27 mai une exposition intitulée "La Nature de Joseph Stella", assure avoir vendu, depuis 1981, "une vingtaine" de toiles pour plus de 100 000 dollars (590 000 francs), mais qu’il a eu connaissance de cessions atteignant jusqu’à un demi-million de dollars (2 950 000 francs).

Symboles rares de l’art américain
Lors de l’exposition Stella du Whitney, en 1963, le critique John Canaday du New York Times écrivait : "Si sa réputation survit à cette rétrospective, c’est que les gens sont aveugles." En dépit de ce jugement lapidaire, les œuvres futuristes de Joseph Stella sont emblématiques de l’art américain, et restent recherchées. Toutefois, la dernière époque de l’artiste est considérée comme "kitsch". Les toiles qui en relèvent ne dépassent pas les 55 000 dollars (324 500 francs).

La cote de Joseph Stella culminait à 32 500 dollars (200 000 francs), quand Tree of My Life (1919), si révélateur de la personnalité du peintre, fut mis en vente il y a six ans par Christie’s à New York. Le collectionneur Bernel Ebsworth, de Saint-Louis, emporta les enchères pour la somme surprenante de 2 millions de dollars (1 180 000 francs). En dépit de la qualité de cette œuvre qui marque la période de transition entre la première et la seconde époque de Stella, et bien qu’une bataille d’enchères entre des grands collectionneurs de Chicago et de Detroit ait eu lieu, une telle montée en flèche semble d’autant plus difficile à justifier que la cote de l’artiste a aussitôt baissé. Pour Barbara Haskell, conservatrice au musée, avec ces mélanges évocateurs de la Renaissance, de l’Art déco et du folklore, Joseph Stella entend rendre sensible l’essence même de l’Italie. Bien que cette exubérance soit "tout à fait opposée à l’idéologie de l’art minimal et conceptuel des années Soixante", le public de la fin de ce siècle les apprécie peut-être davantage. Pour Alan Pensler, un galeriste de Washington, "étant donné  la tendance à la multiplicité des cultures", l’exotisme de Joseph Stella pourrait être désormais mieux compris. L’un des obstacles tient à la méconnaissance de la diversité de son œuvre.

Cette exposition n’élevera sans doute pas la réputation de Joseph Stella au niveau de celles de ses contemporains Stuart Davis, Marsden Hartley ou Georgia O’Keeffe. Elle aura le mérite d’attirer l’attention sur ce peintre mal connu des débuts du modernisme.

New York, Whitney Museum, rétrospective Joseph Stella (jusqu’au 18 septembre 1994)

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°4 du 1 juin 1994, avec le titre suivant : Joseph Stella au Whitney Museum

Tous les articles dans Expositions

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque