Mercredi 17 octobre 2018

Jean-Paul Marcheschi, le feu sacré

L'ŒIL

Le 1 mars 2004 - 375 mots

Il le dit lui-même : plus le temps passe, plus il est passionné. L’art est en lui, vital et quotidien. Le jour et la nuit. Comme l’écriture, ces mots et ces phrases spontanés jetés sur le papier à tout instant, et qui font ensuite partie de ses œuvres. Lisibles ou masqués, l’important est qu’ils soient là, qu’ils existent. Jean-Paul Marcheschi (L’Œil n° 528) est un « homme du feu ». Il produit une œuvre sombre, résultant de coulures de bougies, de papiers noircis par ses écrits à l’encre puis brunis ou brûlés aux flammes des cierges qu’il réunit et utilise en torches. Il faut être dans son atelier et le voir travailler pour se rendre compte à quel point cet art investit tout le corps. C’est un art du geste à la manière de Pollock, des « drippings de feu », comme il dit. Un acte qui devient magique aussi par le son très particulier produit par la « coulure de feu » issue des torches enflammées, une sorte de cri, entre crépitement et sifflement. D’abord peintre, Marcheschi commence à s’intéresser au feu lors d’un voyage à Stromboli où il assiste à l’éruption du volcan. Les couleurs flamboyantes de la lave, les gris et les noirs de la cendre lui donnent l’idée d’utiliser ce qu’il nomme aujourd’hui des « pinceaux de feu ». Né en Corse en 1951, l’artiste a déjà présenté ses œuvres dans de multiples expositions et répondu à plusieurs commandes publiques (églises, usines désaffectées, hôtels particuliers…). Il travaille actuellement sur un projet monumental pour le métro de Toulouse (la voûte entière d’une station lui est confiée, sa réalisation est prévue pour 2006) et vient d’inaugurer une œuvre à la chapelle de Riom, un lieu transformé depuis 1969 en hall d’accueil du musée régional d’Auvergne.
Le décor – sur le thème de la veillée, des pensées et des émotions partagées à la nuit tombée – occupe l’abside, deux murs latéraux et deux lunettes (demi-lunes). On y retrouve tout l’univers de Marcheschi, dans un assemblage de feuilles d’écritures travaillées au feu et marouflées sur toile, peuplé de figures fantomatiques, jouant sur les nuances et les contrastes, du blanc le plus lumineux au noir le plus abyssal.

RIOM (63), musée régional d’Auvergne, chapelle Saint-Joseph, 10 bis rue Delille, tél. 04 73 38 17 31, cat. Somogy, 72 p., 18 euros.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°556 du 1 mars 2004, avec le titre suivant : Jean-Paul Marcheschi, le feu sacré

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