Mercredi 18 septembre 2019

Giverny (27)

Impressionnistes of course !

Musée des impressionnismes. Jusqu’au 29 juin 2014

Par Virginie Duchesne · L'ŒIL

Le 16 avril 2014 - 383 mots

Inauguré il y a cinq ans à la suite de la fermeture du Musée d’art américain, le Musée des impressionnismes revient à son histoire originelle : les artistes américains et l’impressionnisme.

Qu’ont retenu ces peintres de leur formation parisienne et de leur rencontre avec Monet et Degas dans les années 1880 et 1890 ? Grâce à une sélection judicieuse de toiles américaines et à la faible présence française, l’exposition évacue tout systématisme et comparaison forcée pour laisser le regard saisir les multiples influences et voir l’élaboration progressive d’une peinture américaine moderne. On connaît l’adhésion entière et immédiate de l’Américaine Mary Cassatt, amie de Degas, au groupe des Modernes. Invitée à plusieurs reprises aux expositions impressionnistes, ses scènes d’intérieurs et familiales, réunies sur une même cimaise, rappellent celles de Berthe Morisot.

Sa touche évolue et se fragmente progressivement (L’Été, 1894) au contact de Pissarro dont elle acquiert La Femme au fichu vert (1893). Son compatriote, John Singer Sargent, arrivé à Paris en 1874, réalise des toiles « de plus en plus esquissées » et éclaircit sa palette en peignant aux côtés de Monet, qu’il rejoint à Giverny en 1885. Mais lui ne renoncera jamais aux ombres noires et à sa formation académique, que l’on retrouve dans les figures très dessinées d’Une sortie en canot (1889) et le portrait classique de lady Agnew of Lochnaw (1892), sur des arrière-plans esquissés. La suite du parcours suggère d’autres influences. Celui des nocturnes du peintre anglais Whistler est la plus éclatante. Son monochrome gris bleuté, où se fondent les silhouettes de bateaux sur la Tamise (The Solent, 1862), transparaît dans la vue éthérée, presque abstraite, du parc de Yellowstone de John Henry Twachtman (1890), qui usa en son temps les bancs de l’Académie Julian à Paris.

En traversant l’Atlantique, les nouvelles techniques picturales de l’impressionnisme essaiment et se dispersent. Autour d’Edmund C. Tarbell, certains peintres, de retour aux États-Unis, poursuivent la peinture en plein air, d’autres ne retiennent que l’étude de la lumière mais non les éclats chromatiques, d’autres éclaircissent un peu plus leurs couleurs, et tous s’attachent à la représentation d’un paysage lumineux. Les leçons de la modernité européenne semblent ainsi se diluer puis se perdre dans leurs toiles joyeuses et paisibles, réunies dans la dernière salle, au profit de la définition d’un nouvel idéal strictement américain.

« L’impressionnisme et les Américains »

Musée des impressionnismes, 99, rue Claude-Monet, Giverny (27)
www.museedesimpressionnismesgiverny.com

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°668 du 1 mai 2014, avec le titre suivant : Impressionnistes of course !

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