Vendredi 19 octobre 2018

galerie

Georges Autard, images numérisées

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 1 octobre 2000 - 290 mots

Scientifique de formation, Georges Autard est apparu sur la scène artistique au début des années 80 avec toute une iconographie de formules mathématiques reversées à l’ordre de la peinture. Grands tableaux noirs, dessins algébriques, axiomes et théorèmes formalisés sanctionnèrent alors sa façon de s’approprier le champ de la toile dans une urgence singulière. C’est dire s’il n’a pas attendu l’avènement des technologies nouvelles pour exploiter la possible collusion entre arts plastiques et concepts scientifiques. Que son travail en appelle aujourd’hui aux potentialités plastiques qu’offre l’ordinateur n’étonnera donc pas ceux qui le suivent et ils le retrouveront dans la production de ces bâches imprimées que Georges Autard a réalisées ces derniers temps. Tout en cherchant à conserver ce qui fonde la peinture – « ...une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées » (Maurice Denis) –, l’usage que fait Autard de l’ordinateur lui permet d’ouvrir la peinture à d’autres matériels possibles. Non qu’il considère le pinceau comme un outil obsolète mais parce que l’ordinateur, tout comme le collage jadis, est un moyen supplémentaire qui lui sert à questionner la peinture. Autard réalise justement ses bâches à partir de petits collages qui sont eux-mêmes constitués de toutes sortes d’éléments fragmentaires récupérés, soit en référence directe avec l’histoire de l’art, soit mis en forme en hommage à tel ou tel artiste. Emprunts et citations sont les lots communs d’une œuvre qui n’a de cesse de célébrer ses amours, de Fra Angelico à Nauman en passant par Monet, Malevitch et Beuys. Les images numérisées que Georges Autard tire de ses petits collages mettent en avant par surdimensionnement les accidents, le froissé, les déchirures, les agrafes, bref tout le détail des matériaux et des manipulations opérées.

PARIS, galerie Montenay-Giroux, jusqu’au 25 novembre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°520 du 1 octobre 2000, avec le titre suivant : Georges Autard, images numérisées

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