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Des Mongols aux Moghols

Par Laure Meyer · L'ŒIL

Le 1 février 2000

Longue est la route parcourue par l’art de la miniature, depuis l’Iran jusqu’aux cours indiennes, entre le XIVe et le XIXe siècle. La remarquable collection du prince et de la princesse Sadruddin Aga Khan en jalonne toutes les étapes que l’on suit avec un infini plaisir, fasciné par cette peinture raffinée dont chaque détail brille comme une pierre précieuse. Tout commence près de Tabriz, sous les conquérants mongols, les Il-Khans, d’abord avec les illustrations de textes historiques puis avec des poèmes pleins de fraîcheur. Le règne des Séfévides, à Tabriz et Hérat, est un autre grand moment qui voit la réalisation du Livre des Rois (1522-1535). Six feuillets se trouvent dans la collection de l’Aga Khan, dont La Cour de Gayumars, chef-d’œuvre absolu de la miniature persane. Mais un siècle plus tard, l’empire séfévide s’effondre et les artistes partent vers diverses cours du nord de l’Inde. Ils y trouvent des souverains grands amateurs d’art qui apprécient leurs œuvres, pour mettre en images les mémoires des Grands Moghols et l’histoire de la conquête du nord de l’Inde par les Musulmans. Pourtant, en Turquie se développait une autre école de miniature qui, après la prise de Constantinople en 1453, devait introduire l’influence de la peinture européenne et la disparition progressive de l’art traditionnel.

GENÈVE, Musée d’Art et d’Histoire, jusqu’au 27 février, cat. 192 p., 146 ill., 48 FS.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°513 du 1 février 2000, avec le titre suivant : Des Mongols aux Moghols

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