Campement de luxe au Louvre pour l’art émergent

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 1 novembre 2006

Pour marquer son emménagement au Louvre, la Fiac a souhaité une scénographie forte rompant avec le sacro-saint alignement des stands et privilégiant le regard sur l’art actuel et le design.

Non seulement la trente-troisième édition de la Fiac réintègre les locaux prestigieux du Grand Palais, mais elle se paie un campement de luxe en s’implantant aussi dans la Cour Carrée du Louvre.
Pour la première fois dans son histoire, la Cour Carrée du Louvre accueille de l’art contemporain, qui plus est dans un contexte marchand ! La Fiac à cet endroit, c’est un peu comme la pyramide de Peï et ses dessous commerciaux, d’autant plus que la structure éphémère de 5 200 mètres carrés qui abrite ce volet-là est transparente.

De jeunes exposants
À la Cour Carrée, les organisateurs de la Fiac ont choisi de jouer non seulement la carte des galeries d’art contemporain dédiées à la création la plus émergente, mais aussi celle du design le plus à la pointe. C’est dire si le site, jadis construit par Pierre Lescot, décoré par Jean Goujon puis achevé par Louis Le Vau, s’offre à découvrir comme le lieu d’une confrontation dynamique et prospective. Il suffit d’ailleurs de parcourir la liste des exposants qui ont été invités à y planter leur stand pour en prendre toute la mesure : rares sont ceux qui affichent plus de dix ans de métier.

Tour du monde en 71 galeries
Soixante et onze galeries dont neuf de design occupent la Cour Carrée du Louvre. Si une bonne trentaine sont parisiennes — parmi lesquelles on note Loevenbruck, Polaris, Barrault, GB Agency, Tarasieve, Wolf, Vidal, Delachâtre, Gutharc, Schleicher Lange —, les galeries étrangères ne sont pas en reste. La bonne vingtaine d’européennes, les huit new-yorkaises et les six venues de Russie (trois), d’Israël (deux) et du Japon (une) composent un panel assez représentatif de l’activité internationale.
Pour l’essentiel, les galeries de la Cour Carrée du Louvre sont originaires des capitales sinon politiques du moins artistiques de leur pays (à l’instar de Catherine Bastide de Bruxelles, Nosbaum & Reding de Luxembourg, XL Gallery de Moscou, Isabella Bortolozzi de Berlin, Juliette Jongma d’Amsterdam ou Florence Lynch de New York). Elles comptent toutefois quelques enseignes régionales comme Sollertis de Toulouse, Cortex Athletico de Bordeaux, Perugi Artecontemporanea de Padoue ou Nadja Vilenne de Liège.
Pour le design, fidèlement représenté par Jousse Entreprise, Mouvements Modernes, Downtown et quelques autres, la Fiac a demandé à l’architecte Emmanuel Combarel d’imaginer une scénographie spécifique. Rompant avec le traditionnel alignement des stands, celui-ci a misé sur l’ouverture, la fluidité de circulation et la mise en regard entre design et arts visuels. Il en résulte un espace plutôt agréable à parcourir d’autant plus bienvenu pour le visiteur qu’il doit aller et venir d’un site à l’autre !

Autour de la foire

Informations pratiques La 33e édition de la Fiac se tient du 26 au 30 octobre 2006 à Paris. Plus de 160 galeries venues du monde entier investissent le Grand Palais et la Cour Carrée du Louvre. Des installations et des œuvres modernes installées dans les jardins des Tuileries marquent la continuité entre le deux sites. Tarifs : 20 €/10 €. Pass permanent 5 jours : 50 €/30 €. Les billets donnent accès au Grand Palais et à la Cour Carrée. Navettes mises en places entre les sites. www.fiacparis.com

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°585 du 1 novembre 2006, avec le titre suivant : Campement de luxe au Louvre pour l’art émergent

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