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Art visionnaire ou art tout simplement ?

L'ŒIL

Le 1 juillet 2000 - 225 mots

Tout commence au milieu de l’année 1939 : Fleury-Joseph Crépin entend une voix mystérieuse le sommant de réaliser 300 tableaux afin de stopper le conflit mondial. Le 3 septembre, la guerre est déclarée. La dernière pièce est achevée le 7 mai 1945, la veille de la capitulation de l’Allemagne !
Sa mission ne s’arrête cependant pas à cette injonction : deux ans après, il commence la série des Tableaux merveilleux, sensée rétablir la paix. Malheureusement, il meurt en la laissant inachevée à la 43e toile... Lorsqu’il commence cette entreprise, il a 64 ans et rien ne prédestinait cet homme à un tel investissement pictural. En effet, son activité s’est partagée entre son métier de plombier-zingueur à Montigny-en-Goelle (Pas-de-Calais) et ses compositions musicales pour les bals et fanfares. Parallèlement, il s’intéresse au spiritisme, lui-même déjà sourcier féru de radiesthésie et guérisseur. Le monde décrit dans ses tableaux peints « malgré lui » s’inspire de cette ambiance, avec des temples et des palais merveilleux, constellés de perles de peinture, qu’il dit visiter la nuit dans ses rêves. La symétrie rythme ses compositions à effet kaléidoscopique et décoratif, habitées de petits personnages et animaux fantastiques. Découvert par Jean Dubuffet, cet artiste autodidacte médiumnique marquera André Breton  dans son travail sur l’automatisme, qui a lui-même possédé le Tableau merveilleux n°11 de 1946.

VILLENEUVE-D’ASCQ, Musée d’Art moderne, jusqu’au 8 octobre.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°518 du 1 juillet 2000, avec le titre suivant : Art visionnaire ou art tout simplement ?

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